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 Grenouilles et inscriptions

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MessageSujet: Grenouilles et inscriptions Mar 29 Mai 2012 - 18:46

C’était définitivement une grenouille. Une belle grenouille vert pâle avec une petite tâche jaune sur le front, entre les deux yeux. Ou alors il s’agissait d’un tout petit crapaud, mais How Yuan en doutait. Il ne savait peut-être pas reconnaître un document d’export de type un d’un document d’import de type quatre, mais il savait faire la différence entre une grenouille et un crapaud. Ce qui n’était pas aussi utile que de s’y connaître en formulaires marchands, mais bien plus intéressant. Déjà parce que les grenouilles pouvaient croasser, sauter, manger des insectes, bref, présenter un spectacle plus intéressant qu’un bête morceau de papier en était capable. Et puis Yuan n’avait jamais vu ce type de grenouille. Elle était très probablement originaire des Plaines de Kong, une supposition que l’homme se permettait parce qu’il se trouvait justement dans les Plaines de Kong. Il doutait fortement qu’une grenouille de ce type se soit amusée à traverser les frontières, ou alors il s’agissait d’une espèce dotée d’étranges instincts migratoires post-hivernaux. Yuan se demandait d’ailleurs d’où venait précisément le spécimen qu’il observait depuis cinq bonnes minutes ; il se promit de demander aux natifs du coin s’il y avait un étang ou une rivière dans les parages d’où la bestiole aurait pu provenir. Peut-être même qu’ils pourraient lui donner le nom de cette espèce de grenouille ! Dans la tête de Yuan, on connaissait forcément la nomenclature des batraciens de la région où on vivait. C’était diablement intéressant, les batraciens.

Plus intéressant pour Yuan, en tout cas, que d’écouter Xiao Pen lui rabâcher pendant des heures à quel point il était important, en tant qu’héritier de la prestigieuse famille seigneuriale des How, qu’il accomplisse son barbant devoir. Mais pour l’heure, Yuan avait réussi à semer l’encombrant petit secrétaire et profitait d’un moment de quiétude. Il ne voyait pas vraiment pourquoi Pen se devait de l’accompagner dans ce voyage-ci, et il soupçonnait fortement son seigneur de père de le lui avoir imposé dans le seul but de l’ennuyer. Comme pour ternir l’expérience des voyages de son fils, afin qu’il passe moins de temps à vagabonder aux quatre vents et plus à la maison, à faire des choses sérieuses comme apprendre comment générer l’administration du grand port de Diao Deng. Mais peine perdue : Yuan s’était habitué à la présence de Xiao Pen, et s’en accommodait de bonne grâce. Et puis cette fois-ci, il avait une bonne excuse pour se trouver dans les Plaines de Kong, loin de chez lui et des assommantes responsabilités qui l’y attendaient : le tournoi des Eaux allait commencer, et il faisait honneur à sa famille en l’y représentant, non ?

Il était juste dommage qu’il s’agisse d’un tournoi d’arts martiaux plutôt que d’une exposition naturaliste. Mais Zhuang était une localité pittoresque pour Yuan, issu d’un environnement portuaire grouillant, et les alentours étaient pleins de curiosités à découvrir. Aussi bien sur les étals que les gens installaient que dans la nature. Oui, c’était tout de même une sacrée expérience à vivre, et Yuan était bien content d’être là. Contrairement à la grenouille qui, visiblement guère enthousiaste à rester là à ne rien faire, disparut d’un bon dans des fourrés. Un peu déçu de ne pas avoir pris le temps de la dessiner, mais néanmoins ravi de sa découverte, Yuan se releva et brossa ses pantalons amples. Il s’étira, faisant craquer quelques vertèbres, et ramassa le fusil qu’il avait laissé dans l’herbe pour le lancer sur son épaule. D’une main, il saisit son baluchon de voyage et se mit en route pour l’endroit où on lui avait dit que les inscriptions allaient avoir lieu. Yuan n’était pas un pratiquant d’arts martiaux très aguerri, mais il comptait bien ne pas passer à côté de l’expérience ; on ne vivait ce genre de choses qu’une fois ! Il regarda autour de lui sans voir Pen, qui devait certainement être en train de s’agiter quelque part au village. Sans doute pour leur trouver un logement, même si la tâche s’annonçait difficile. Ce qui ne gênait pas vraiment Yuan, qui se contenterait d’un simple camping. Mais pour le moment, place à l’inscription ! Il finit par arriver à l’endroit indiqué et il chercha la personne responsable du regard :

« Dites, c’est bien ici pour s’inscrire aux éliminatoires ? Et vous savez que vous avez des grenouilles drôlement intéressantes, dans le coin ? »
How Yuan
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Mer 30 Mai 2012 - 14:27

Maisi s'amusait comme une petite folle… Bon, peut-être pas autant car elle se rappelait tout de même que ses actions avaient de lourdes conséquences pour d'autres personnes… Faire des dérapages dans la terre pouvait se révéler très amusant mais si l'une de ses roues cassait non seulement quelqu'un devrait se dépêcher pour la réparer mais elle serait dépendante d'une autre personne pour la ramener au campement. En la portant probablement… Et elle pouvait comprendre que la chose ne soit pas vraiment appréciée, même si elle était excessivement légère. Aussi essayait-elle de réfréner autant qu'elle le pouvait son enthousiasme grandissant alors qu'elle était en train de partir à l'assaut de la ville et des festivités en préparation. Jusqu'à maintenant elle ne s'était permise que quelques écarts, rien de bien méchant mais qui lui avaient offerts de grands éclats de rire. Après tout elle n'avait pas accès tous les jours à d'aussi belles pentes pour faire un peu de vitesse. Remonte derrière était absolument horrible mais les quelques secondes de pur bonheur qu'elle vivait en descendant les valaient bien !! 

Les joues encore rougies par sa dernière descente, elle partait maintenant en exploration, voir un peu comment avançaient les préparatifs. En plus, pour une fois, elle était parvenue à se débarrasser de ses serviteurs et autres chaperons. Elle entendait la petite voix de la raison lui serinait que ce n'était pas bien prudent mais elle n'en avait cure. Pour quelques instants elle avait envie de se sentir à peu près normale sans le poids de ces regards qui lui rappelaient sans cesse son handicap. "Puis-je vous pousser?" "Et si vous tombez?" "Si vous êtes agressée?", etc, etc… C'était bien 'être prévenant mais c'était moins apprécié quand on était envahissant. Et c'était ce qu'était devenu tout ce beau monde. Si jamais elle rencontrait un problème, elle ferait face et se débrouillerait pour le surmonter. Elle n'appellerait à l'aide qu'en extrême recours, si vraiment elle n'avait aucune autre option d'envisageable… Mais pour l'instant, elle s'était permis plus que ce que les conventions permettaient et elle n'avait pas eu d'ennuis. Autant en profiter encore un peu !!

Bien que pacifique dans l'âme, lorsqu'on avait tendance à ressentir les sentiments des autres la violence gratuite ou la haine étaient rarement des choses d'appréciables, Maisi appréciait les tournois d'arts martiaux. Il y avait bien toujours quelques mauvais joueurs qui ne venaient que pour pouvoir faire mal en toute impunité mais la grande majorité des participants était là pour démontrer un savoir faire. C'était souvent des techniques impressionnantes et elle en admirait leurs exécuteurs. Et ce même si elle savait qu'elle n'aurait certainement pas suivi cette voie là, même avec deux jambes valides… C'était pour cela qu'elle était en train de se diriger vers la zone réserver aux combattants et à leur inscription pour le tournois et ce malgré des regards interrogateurs, voir moqueurs de quelques passants. Elle n'était pas sans espérer apercevoir quelques beaux adonis en train de s'entraîner. 

Alors qu'elle se rapprochait de la zone d'inscriptions, elle manqua avoir un petit accident. Elle faisait tranquillement rouler son fauteuil lorsqu'une grenouille eut l'idée saute et grenue de s'arrêter en plein sur son chemin. La jeune femme dut freiner en catastrophe, manquant de faire tomber le fauteuil… Mais elle parvint à ne pas l'écraser. La grenouille, décidément suicidaire resta à la regarder quelques longues minutes, faisant gonfler son menton sans pour autant croasser. Maisi en était à se demander s'il ne valait mieux pas la contourner lorsque cette dernière lui sauta carrément dessus. La jeune femme eut un cri de surprise avant d'essayer de s'en débarrasser… Mais elle avait beau faire, le batracien restait sur elle, esquivant habillement ses mains lorsqu'elle essayait de le repousser. Il finit par douillettement s'installer sur son épaule comme un cavalier sur sa monture… Elle eut un soupir résigné et reprit sa route en espérant que ce serait bien le seul élément perturbateur qui voudrait se servir 'elle comme moyen de locomotion…



Yetai Maisi
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Mer 30 Mai 2012 - 22:16


Monsieur l’Organisateur • Tun • Les mystérieux compétiteurs

L’espace consacré aux participants du tournoi d’arts martiaux occupait une large portion de la route, assez haut dans le village. Il y avait du monde. Beaucoup de monde. Des fonctionnaires s’agitaient derrière des comptoirs pour renseigner les spectateurs et les concurrents sur la marche à suivre pour s’inscrire. Vu le chaos ambiant, cela devait être rudement compliqué.

Lorsque le jeune homme nonchalant s’approcha d’un fonctionnaire pour lui demander où se déroulaient l’inscription au tournoi, il ne savait pas quel calvaire se préparait pour lui...

« Oui, oui, oui, oui, oui. C’est ici. C’est ici. Tenez, voici le formulaire bleu. Vous devez d’abord remplir le formulaire bleu, puis le rose. Prenez le rose. Et pour savoir si vous devez remplir le formulaire jaune, il faut vous référer à l’article 4.2 du règlement, que voici. »

Le fonctionnaire hyperactif indiqua un immense tableau qui se trouvait derrière lui. Sur les pans de bois étaient gravées des milliers de lignes de règlement dont aucune ne semblait avoir le moindre sens.

« Tenez, le formulaire jaune. Au cas où. »

Le fonctionnaire fourra une dernière feuille entre les mains d’How Yuan.

« Si vous avez d’autres questions, veuillez vous référer à l’organisateur, là-bas. »

Il pointa du doigt un large comptoir couvert qui était présentement encerclé par une immense foule. Ces gens n’étaient visiblement que des spectateurs ou des villageois, pas des concurrents. Ils semblaient s’être rassemblés pour assister à une esclandre car on entendait des éclats de voix qui provenaient de l’intérieur du demi-cercle formé par les badauds.

Ceux qui parvenaient à fendre la foule pouvaient assister à une scène encore jamais vue. Derrière le comptoir, un homme râblé et à demi chauve, mais dont la musculature manifestait un passé guerrier, fronçait fortement les sourcils, tandis qu’il argumentait avec un personnage bien plus étrange. Une femme ? Non, pas tout à fait. C’était une grande dame dont la peau était recouverte d’une courte fourrure rousse, à l’exception de son visage peint. Elle avait des oreilles proéminentes et une queue de singe qui se balançait plus ou moins vite en fonction de son humeur. C’était indubitablement un esprit. Et un sacrément puissant à cela ! La créature mystique était visiblement contrariée, elle aussi. Seul le groupe de trois hommes qui se tenait légèrement à l’écart d’elle ne semblait pas affecté par la situation. Ils étaient vêtus de couleurs sombres et portaient tous un masque. Cependant, il ne cachait qu’avec peu de finesse leurs origines étrangères.

« Ça ne me semble toujours pas être une bonne idée, désolé, disait l’organisateur. Un esprit de votre stature est forcément plus puissant que n’importe lequel de nos concurrents. Ce ne serait pas équitable de vous laisser vous inscrire.
- Je suis sûre que vous avez des artistes martiaux très compétents qui sont tout à fait de taille à m’affronter, répliquait l’esprit. Comme votre Empereur. Vous le considérez presque comme un dieu, non ? Il doit être bien assez fort. »

Le scepticisme était presque palpable dans le ton de la voix de l’esprit. Pour elle, il était évident que l’Empereur était aussi commun qu’un éleveur de cochons. Ce qui irrita profondément l’organisateur dont les joues commencèrent à rougir.

« L’Empereur ne participe pas, dit-il en contenant sa rage. Je vous ai dit non. Alors c’est non ! »

À présent, c’était sous le maquillage de l’esprit qu’on pouvait voir une teinte rosée poindre.

« Mais je dois participer ! Ce n’est quand même pas un petit mortel boiteux comme vous qui allez m’en empêcher. »

Le ton commença à monter sérieusement entre les deux interlocuteurs.

« Si ! Parce que c’est le petit mortel boiteux (comme vous dites) qui décide qui a le droit de s’inscrire et qui n’a pas le droit ! »

L’esprit ne put s’empêcher de taper le sol du pied (un pied qui avait un pouce, soit dit en passant), de frustration. Elle hésita quelques secondes en se mordillant la lèvre avant d’utiliser une menace à laquelle elle aurait préféré ne pas avoir recours.

« Je suis ici sous l’autorité du Seigneur du Soleil, Guang ! »

Un long « ooooooh » parcourut la foule. Mêmes les mystérieux compétiteurs réagirent, bien que plus silencieusement. Ils s’échangèrent des regards, apparemment mal à l’aise.

« Si vous voulez contrarier un Dieu, allez-y ! Je vous en prie ! »

L’organisateur fit une moue contrariée. Non, il n’avait pas vraiment envie de contrarier le Dieu du Soleil. Mais il avait envie de faire son travail correctement, aussi !
Esprit Renard
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Dim 3 Juin 2012 - 2:26

Un enjeu réel et dangereux même dans les contes et les
histoires. Même les Dieux les plus sages se battent pour elle. Mais que
peut-elle apporté sans être mérité et sans son amie?


Je suis celle que tout le monde veut et quand on m'a, nous
excellons. Je ne viens pas tout le temps avec mon amie la gloire et il faut
savoir sacrifier pour m'avoir.

Je suis...


Le prince marchait d'un pas décidé vers les inscriptions. Il voulait s’inscrire pour représenter sa famille... son frère ne le ferait pas. Ru-Kang était quelque peu déçu de sa décision, mais l'appréciait également, il n'aurait pas voulu ridiculiser son compagnon de jeunesse et encore moins le blesser. Son but n'était pas de gagner cette compétition... mais de gagner sur lui-même. Se démontrer qu'il était capable, il n'avait plus rien à prouver aux autres, mais plutôt quelque chose d'important à prouver à lui-même. Le savoir, il l'avait, cependant, l'expérience lui manquait comparer à d'autres combattants. Le jeune homme devait se prouver qu'il avait le courage et la confiance pour réussir son but. But qui était variable selon-lui, tout dépendant la journée et le combattant.

Le jeune prince déambulait sur la route en tenue traditionnelle de soie ornée de dragons rouges avec un fond bleu. Ses longs cheveux noirs de jais s'allongeaient en une et unique tresse dans son dos. Cœur grand ouvert à la nature et yeux perçants regardaient les grenouilles passées devant lui en s'arrêtant devant le grand homme qui les intimidait.

Au loin, le frère de l'Empereur vu sa fantastique amie Masi
qui était elle aussi aux prises avec une grenouille. Il partit aux pas de
course à sa rencontre. Arrivé à sa hauteur, le prince mit encore une fois sa
main sur son épaule et lui dit d'un ton joyeux et de fausses reproches:

- Bonjour Mai'! Ne devrais-tu pas être avec un garde du corps? Il ne faudrait pas qu'il t'arrive quelque chose... Oh... mais c'est que tu as une belle grenouille sur l'épaule!


Les deux amis passèrent à côté d'un arbre à pivoine. À l'aide de son Chi, Ru-Kang détacha doucement une fleur de l'arbre et la mit dans les mains de Mai', geste purement amical pour excuser ses mauvaises blagues. Il lui sourit, puis reprit la parole :

- Et puis... pas besoin d'un garde du corps maintenant, je suis là... n'est-ce pas?


Il continua à marcher en jetant quelques coups d’œil à la grenouille perchée sur l'épaule de son alliée et en laissant celle-ci se déplacer seule comme elle aimait tant le faire. Cette petite indépendante réussissait encore à surprendre son ami. Elle était forte, très forte et tellement attachante. C'était la seule femme à qui il était capable de parler comme si de rien n'était, sans rougir, ni bégayer et encore moins regarder par terre. Il l'appréciait fort et donnerait sa vie pour la grande sœur qu'il n'avait jamais eue. Il marchait encore en écoutant Mai' et les oiseaux qui faisaient une chorale pour le plus grand plaisir de leurs oreilles.

Après 10 bonnes minutes de bonheur, les deux complices de toujours virent l'emplacement des inscriptions. Il y avait bien des gens... pourtant ce n'était pas des combattants. Sa curiosité la poussa à bout, une fois arrivé à proximité, il fit une place à Maisi et passa derrière elle pour voir apparaître le responsable... et... un esprit! Elle voulait participer au tournoi...

«Je suis sûre que vous avez des artistes martiaux très compétents qui sont tout à fait de taille à m'affronter, répliqua l'esprit. Comme votre Empereur. Vous le considérez presque comme un dieu, non ? Il doit être bien assez fort.»


Le prince attendit qu'ils aient fini une bonne partie de leur tirade avant de dire :

- Je suis le remplaçant de l'Empereur... c'est pratiquement comme si vous alliez vous confronter à l'Empereur, je suis le représentant de notre famille. Monsieur, je vous en prie, ne refusez pas à une dame ce qu'elle veut. Si elle veut se frotter aux plus forts combattants, c'est son choix et nous devons le respecter, à moins, que vous auriez été obligée de vous présenter à cause d'une demande du Dieu du Soleil, Ô Grande Tun? Dans ce cas, cela reste votre décision, mais sachez que vous vous battrez contre de grands hommes.


Il fit une légère révérence. Ru-Kang remerciait les Dieux que cette «femme» soit un esprit, ainsi il avait pu bien réagir à la situation. Ce n'était pas la fin du monde... les règles seraient les mêmes pour tout le monde. Ce serait juste et légal. C'est ainsi que tout le monde pourrait avoir...

...la Victoire.
Quan Ru-Kang
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Lun 4 Juin 2012 - 22:20

Yuan n’était pas sûr de ce qui venait de se passer. Il s’était dirigé, avec l’intention de s’inscrire au tournoi, vers ce qui avait tout l’air d’être le stand pour ce faire. Ce qui n’avait pas l’air d’être une odyssée des plus compliquées quand l’étal n’était qu’un assemblage de planches à l’horizon. Mais la promenade était devenue une grande aventure, une aventure à laquelle notre héros n’était guère préparé. Il avait été pris sous le feu des directives du fonctionnaire et en était resté bouche bée. Il n’avait même pas eu le temps de poser la moindre question : essayer d’en placer une entre deux mots du préposé énergique, c’était comme tenter de traverser une averse en voulant éviter les gouttes. Yuan n’avait alors pas eu d’autre choix que d’écouter jusqu’au bout le flot de directives abstraites. Ou plutôt de l’entendre d’une oreille distraite ; et même si, pour être honnête, ce n’était pas si long que ça, il fallait savoir que l’attention du jeune How pour tout ce qui concernait des histoires de paperasse fondait comme de la neige non pas au soleil mais carrément sur la surface de celui-ci. Autant dire qu’elle n’existait pas. Aussi, lorsqu’il se retrouva avec un papier jaune à la main devant un très grand tableau couvert d’écritures, il aurait aussi bien pu se retrouver face à la plus haute montagne de l’empire sans le moindre matériel d’escalade. Il aurait bien voulu demander au fonctionnaire de répéter ses explications, mais l’homme était déjà affairé à renseigner d’autres éventuels participants. Ce qui n’aidait pas vraiment à remplir les éliminatoires, la plupart des combattants en herbe se retrouvant découragé par l’immensité de la tâche à accomplir. D’autant que si on arrivait à triompher des formalités administratives, on n’avait certainement plus beaucoup de forces pour se battre ensuite.

Mais Yuan n’allait pas se décourager ! Il prit quelques instants pour parcourir avec curiosité quelques unes des innombrables règles qui noircissaient le panneau géant, comme toujours impressionné par la quantité de travail et d’énergie que pouvaient mettre les serviteurs les plus zélés de l’empire dans quelque chose qui aurait dû être fondamentalement simple. Se désintéressant du règlement, il pivota distraitement sur lui-même, manquant assommer un badaud avec le fusil posé sur son épaule. Puis il se dirigea d’un pas décidé vers l’organisateur qu’on lui avait indiqué. Yuan avait effectivement des questions à lui poser. Il l’entendit avant de le voir, homme massif aux muscles saillants entouré par une foule de curieux. Sa voix portait loin, et elle s’élevait manifestement contre quelqu’un que Yuan n’arrivait pas encore à discerner. Il commença à se glisser entre les spectateurs de l’esclandre, remarqua un trio d’étrangers occupés à ne pas passer pour des étrangers flagrants, ce qui voulait dire que n’importe qui dans les environs aurait su aussitôt qu’il débarquait de bien loin. Très probablement d’au-delà des limites de l’empire. Mais ils n’étaient pas aussi intéressants que la cible des mots de l’organisateur, et que Yuan pu enfin découvrir. Elle était grande, elle était couverte de fourrure orange, elle avait quatre pouces et, manifestement, elle n’était pas humaines. C’était les pouces, songea Yuan. Ca les trahissait toujours, les pouces. L’esprit –car cela ne pouvait être qu’un esprit- essayait de convaincre le responsable de la laisser concourir. Ce dernier n’en avait visiblement pas l’intention, ce qui ne manqua pas d’étonner Yuan. Mais il fallait avouer que notre homme ne se rendait pas vraiment compte de la puissance de cette femme étrange ; il faut dire qu’il avait une perception du chi extraordinairement minime, et que le spirituel n’était pas quelque chose qu’il déchiffrait facilement. Il préférait regarder les…

«Grenouille ! »
s’écria-t-il soudain, en pointant du doigt une jeune femme assise dans une chaise roulante. Elle avait un air vaguement familier, comme s’il l’avait déjà rencontrée à une cour ou une autre, mais il n’arrivait pas à mettre un nom dessus. Le fauteuil aurait pu être un détail singulier pour se rappeler de sa propriétaire, mais l’esprit de Yuan ne fonctionnait pas ainsi. Des détails extérieurs comme un tel engin étaient pour lui totalement non relevant, il préférait s’intéresser aux gens eux-mêmes. Et quand ils avaient une grenouille aussi rare sur l’épaule, c’était encore mieux. Il vint se planter devant la femme, se saisit de son fusil qu’il plaça dans les bras d’un passant étonné au son d’un : « Tenez moi ça ! » et sortit de sa besace un carnet et un crayon. Il se mit aussitôt à croquer la grenouille, tout en baillant avec un sourire joyeux aux lèvres :

« How Yuan. » se présenta-t-il. « Savez-vous que c’est un spécimen très intéressant que vous avez la ? Dites, on ne se serait pas déjà rencontrés quelque part ? J’ai de la peine avec les visages, parfois, et je crois que vous n’aviez alors pas de grenouille sur l’épaule. Ca a de quoi rendre l’identification difficile… Ah, ça ne vous dérange pas si je dessine, hein ? »

Dans son dos, il pouvait entendre un jeune homme plaider la faveur de l’esprit auprès de l’organisateur. Ecoutant d’une oreille, Yuan ne pouvait que tomber d’accord avec celui qui s’annonça être le frère de l’empereur en personne. Tiens, lui aussi, Yuan avait sûrement dû le croiser une fois ou l’autre. Il était arrivé avec la fille en fauteuil, il lui semblait…

«Oh, vous voyagez avec l’empereur et sa famille, c’est ça ? » lança-t-il sur le ton de la conversation tout en plissant l’œil gauche pour mieux observer le batracien. « Ne bougez pas, il ne faudrait pas l’effrayer ! Je pense que votre ami a raison, en tout cas. N’importe qui devrait pouvoir participer, c’est un empire libre après tout ! Mais je me demande si les esprits ont de la paperasse à remplir… Oh ! » Yuan s’interrompit, se rappelant soudain de la raison de sa présence ici. Il fourra son carnet dans les bras de la femme : « Excusez moi un instant, je suis aussi venu pour m’inscrire… Vous croyez que vous pouvez garder la grenouille un moment ? »

Il se fendit d’un nouveau sourire et s’en alla rejoindre l’organisateur, l’esprit et le frère de l’Empereur. Yuan fouilla un instant dans sa poche, d’où il sortit le formulaire jaune tout chiffonné. Il se racla la gorge pour attirer leur attention, avant de se lancer :

«Bah oui, pourquoi elle ne pourrait pas participer ? Surtout si c’est au nom de Guang. On laisse bien aux gens le droit de ne pas se laver pendant des mois au nom d’un dieu ou d’un autre, alors on peut bien laisser un esprit participer à un tournoi. Et si ça ne nous plaît pas, et bien on pince le nez et on fait avec ! Non pas que je sous-entende par là que vous sentiez mauvais, mademoiselle. Pour ma part, je compte bien m’inscrire aussi, et ça ne me dérange pas qu’elle fasse de même. A moins qu’une telle interdiction ne soit écrite dans votre fameux règlement géant plus loin, mais j’avoue que je n’ai pas tout lu. D’ailleurs, j’ai quelques questions, et on m’a dit que vous étiez celui à qui les poser : alors en premier lieu, pourquoi est-ce que le bleu passe avant le rose ? Je me suis toujours demandé comment on choisissait de hiérarchiser les couleurs. Est-ce qu’il y a quelque chose de logique là-dedans, avec un vrai but, comme les couleurs de la queue d’un paon qui fait la roue ? Et puis de ce que j’ai vu sur le grand tableau, il y a une ligne du règlement qui dit : « Ne pourra participer celui qui a jeuné un Kong Ri ». Est-ce que cela ne concerne que le dernier Kong Ri, tous les Kong Ri ou est-ce que c’est valable seulement si le tournoi est un Guang Ri? Il y a d’autres points tout aussi bizarres, d’ailleurs ; attendez que je me rappelle… »
How Yuan
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Lun 11 Juin 2012 - 14:41

Même si la jeune femme sursauta un peu en sentant une main se poser sur son épaule, elle eut rapidement le sourire aux lèvres en constatant qui en était le propriétaire. Elle se doutait bien que lui aussi viendrait finalement s'inscrire au tournoi... Elle le connaissait suffisamment pour savoir que ce genre d'activité était bien dans ses goûts. Et il était bien assez doué pour pouvoir se hisser à une place des plus respectable ! Même si elle appréciait de le voir s'exercer, il allait être en situation un peu plus difficile que contre d'autres élèves. Cela l'inquiétait un peu, elle n'osait pas vraiment le dire... Mais elle prendrait un peu moins de plaisir à le voir se battre que d'habitude, parce qu'il risquait certainement plus de se faire blesser.

La grenouille sembla visiblement du même avis qu'elle puisqu'elle croassa au moment où elle arrivait à la conclusion qu'elle allait probablement se cacher les yeux si les choses venaient à dégénérer dans l'arène... Elle lui jeta un rapide coup d'oeil trouvant qu'elle faisait finalement un ornement original à sa tenue. Autant qu'elle reste sur son épaule... La jeune femme eut un sourire pour le jeune prince avant de lui faire un clin d'oeil malicieux, les fanatiques de l'étiquettes s'en arracheraient probablement les cheveux...


-Damoiselle grenouille te remercie du compliment... Et que pourrions-nous risquer avec un garde du corps aussi efficace que toi?

Elle n'était pas mécontente qu'il l'ait rejoint ici. Il était l'une des rares personnes qui ne la considérait pas comme une petite chose fragile nécessitant constamment de l'assistance, la laissant avancer seule aussi librement qu'elle le voulait. Ils n'étaient pas vraiment libres de leurs paroles ou de leurs actes lorsqu'ils se voyaient à la cour. Loin des autres courtisans ils pouvaient presque redevenir les enfants qu'ils avaient été, parlant librement et s'amusant tout simplement. Mai se permit même un petit concours de trilles avec les oiseaux, chose qu'elle ne faisait que pour lui, même si elle ne lui avait jamais avoué cela.

Alors qu'ils approchaient enfin du bureau d'inscription, ils remarquèrent un attroupement et une certaine animation. Aussi curieux l'un que l'autre, ils se dirigèrent tout naturellement par là... Mais si le prince parvint à y voir quelque chose, ce ne fut malheureusement pas le cas de Mai qui dut jouer quelque peu des coudes pour pouvoir avancer suffisamment pour y voir un peu mieux. Heureusement que son frère de coeur était là, sans cela elle n'y serait probablement pas parvenue... Mais avant même qu'elle ne puisse poser son regard sur la jeune dame qui essayait de se faire enregistrer, elle eut la chaire de poule. Lorsqu'elle la vit enfin, elle sut pourquoi elle s'était ainsi sentie bizarre... Un esprit! Et certainement pas des moindre! Elle n'aurait jamais pensé voir un esprit aussi puissant fouler ainsi la terre et demander à s'inscrire à un tournois d'arts martiaux.


-Ru-Kang...

Elle n'était pas certaine qu'attirer l'attention d'une créature aussi puissante soit bien prudent mais avant qu'elle ne le mette en garde, son ami avait déjà prit la parole. Qu'il prenne sa défense était tout à fait louable mais la situation était trop bizarre pour qu'elle soit totalement à l'aise. D'autant plus qu'elle était bien plus sensible à ce genre de choses que d'autres personnes de l'assistance. Pour une fois elle se sentait un peu seule et perdue dans son fauteuil roulant... Mais elle n'eut pas le temps de voir comment allait réagir l'esprit. Une grande ombre vint soudainement lui boucher la vue, la faisant cligner des yeux alors qu'elle fixait avec intensité le bas du torse d'un homme. En relevant la tête elle cru reconnaître quelqu'un qu'elle avait déjà vu à la cour... Mais comme lorsque l'on se réveille d'un rêve, elle ne parvenait pas à mettre un nom sur son visage.

Du moins jusqu'à ce qu'il lui donne son nom dans un flot d'informations. Etant donné qu'elle gardait un oeil sur son ami et l'esprit, du moins essayait-elle puisqu'elle ne pouvait plus les voir, elle eut un peu de mal à suivre tout son discours. Elle se contenta donc de rester immobile, la grenouille étant visiblement confortablement installée sur son épaule et d'humeur badine puisqu'elle prenait presque la pose...


-C'est cela, je me nomme Yetai Maisi...

Elle se retrouva avec le carnet de croquis dans les bras, à parler dans le vide. Yuan était déjà parti vers l'esprit, Ru-Kang et l'organisateur... La grenouille toujours sur l'épaule, elle s'approcha un peu plus pour écouter son long discours. Mais elle ne pouvait empêcher son regard d'être attirée par l'envoyée spirituelle. Pourquoi un Dieu avait-il eu besoin d'envoyer quelqu'un pour participer à un tournoi? Cela devenait vraiment bizarre. Intéressant mais bizarre...

Yetai Maisi
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Jeu 14 Juin 2012 - 18:27

L’intervention du jeune homme fit hausser un sourcil à Tun. Le représentant de la famille impériale ? Mais ce n’était pas l’Empereur. C’était l’Empereur que l’on considérait comme une divinité, dans ce pays, Tun avait bien entendu. En quoi le « représentant » de la famille impériale devait être d’un quelconque intérêt pour elle ? Et pourquoi l’Empereur devait-il avoir un remplaçant ? Était-il blessé ou quelque chose comme ça ?
Enfin, Tun décida que toutes ces affaires de mortels la dépassait et s’abstint de faire une quelconque remarque déplaisante. Mais elle n’en pensait pas moins. Ce petit humain vantait les mérites des mortels avec tant d’ardeur... Le méritaient-ils vraiment ? Tun ne doutait pas que certain d’entre eux possédaient un grand talent au combat et étaient même capable de la battre elle. Mais elle fréquentait les dieux, il en fallait beaucoup pour l’impressionner. Néanmoins le mortel la soutenait et elle n’allait pas se mettre à dos quelqu’un qui défendait sa cause.

« C’est en effet une mission divine qui m’amène, pas une volonté futile de confronter mes talents guerriers à quelques mortels. Si je voulais... »

Bon, elle n’était pas très douée pour se montrer aimable. Si elle continuait comme ça, elle allait s’aliéner tous les mortels des environs et ne pourrait jamais accomplir cette fameuse mission divine.

« Mais si je voulais participer à une véritable épreuve, se reprit Tun, je suis certaine que je trouverais ici des guerriers à ma mesure. »

L’organisateur la regardait en plissant ses petits yeux subtils. Ce bougre était intelligent et Tun se sentit mal à l’aise en ayant l’impression qu’il savait très bien que ce n’était pas ce qu’elle avait l’intention de dire en premier lieu.

Un étrange personnage vint également à la rescousse de Tun. L’esprit était bien content que certains mortels avaient encore le bon sens de lui venir en aide, mais ces mortels avaient un don pour le faire de manière très irritante. Très très irritante. En entendant le bonhomme déblatérer ses inepties, Tun sentit la moutarde lui monter au nez.

« Vous... Vous osez comparer ma mission à... À l’idiotie qui pousse des hommes à ne pas se laver pendant des mois ? »

L’esprit tentait en vain de mettre sa fierté de côté. Elle devait se contrôler. La mission. Il fallait penser d’abord à la mission. Mais maintenant qu’elle y pensait, sa curiosité était piquée.

« Ils font... Il y en a vraiment qui font cela ? Demanda-t-elle d’une voix plus faible. Ne pas se laver pendant plusieurs mois au nom d’un dieu, je veux dire... »

Mais l’étrange bonhomme s’était tourné vers l’organisateur pour lui poser des questions concernant le règlement du tournoi. Si ce malandrin avait pris la peine de lire tout le règlement comme Tun l’avait fait, il n’aurait pas eu besoin de poser toutes ces questions. L’organisateur devait penser la même chose, puisqu’il poussa un long soupir. L’esprit crut bon d’intervenir :

« Vous auriez peut-être dû prendre la peine de lire le paragraphe dix-neuf, car vous auriez alors su que les esprits ont tout à fait le droit de participer et qu’il y a même un précédent. « Tout esprit peut participer au tournoi, tant qu’il n’use pas des pics qu’il a dans le dos. » »

L’organisateur rougit à nouveau de colère et la pointa du doigt.

« On en a déjà discuté, c’était un démon porc-épic ! Un démon majeur ! Il n’y a aucun précédent avec un esprit.
- Un quoi ? Un démon est un esprit, ignare ! Quelle est la différence ?
- Un démon majeur a une forme animale et est plus faible qu’un esprit, voyons ! »

Tun fit une moue contrariée. Elle n’avait pas connaissance de cette classification des esprits.

« C’est une vision très étriquée des choses, marmonna-t-elle. »

Elle se tourna de nouveau vers le participant aux mille questions.

« Quoi qu’il en soit, si vous aviez aussi lu l’alinéa quinze du paragraphe quarante-trois, vous sauriez que le formulaire bleu doit être rempli avant le formulaire rose car... »

Tun s’interrompit, les yeux exorbités, car l’organisateur venait de prendre tous les papiers des mains de l’homme pour les déchirer et les jeter dans une corbeille.

« Ne vous occupez pas de tout ça, monsieur, dit l’organisateur au combattant en poussant un registre vers lui. Inscrivez simplement votre nom ici. »

C’en était trop. Les joues pourpres et les poings serrés (y compris ceux des pieds), Tun explosa :

« QUOI ?! J’ai rempli tous vos fichus formulaires dans le bon ordre, je les ai tous mis là où il fallait, j’ai lu tout le règlement. J’ai même saupoudré mes genoux de sel parce que le paragraphe... Parce que... Et vous me refuser le droit de participer alors que lui n’a rien d’autre à faire qu’inscrire son nom dans un registre ?! »

Tun avait l’impression d’être la victime d’une terrible injustice. Elle avait fait tellement d’effort pour essayer de comprendre les lois les plus ridicules de ces mortels. Elle avait fait les choses dans les règles de l’art. Tout comme son dieu l’avait souhaité. Alors pourquoi ça ne marchait pas ?
Mais cette fois-ci, l’organisateur semblait mal à l’aise.

« Hé bien... Si vous étiez venue me voir directement, comme tout le monde, je vous aurais dit que ce n’était pas la peine de faire tout ça. Tout ce qu’il y a à savoir, dit-il en s’adressant à tous ceux qui l’entourait, on vous le dira au moment opportun. Les règles changent à chaque combat. Elles sont tirées au sort avant le duel. Pour l’instant, tout ce que vous avez à faire, c’est de vous inscrire sur le registre... Et de ne pas vous battre entre vous entre les combats ! S’exclama-t-il en reprenant un peu de poil de la bête. Je vous rappelle qu’on a vu votre escarmouche avec ces messieurs ! Dit-il à Tun en désignant les compétiteurs masqués.
- Ça n’arrivera plus ! Je suis tout à fait capable de respecter un règlement que j’ai lu dans son entièreté... Contrairement à tout le monde ici, apparemment, rétorqua Tun avec amertume.
- Vraiment ? Intervint le chef des étrangers masqués. L’on aurait pu croire que les dieux ont a leur disposition des serviteurs plus à même de contrôler leurs nerfs... »

Il était difficile d’ignorer l’ironie de la voix de cet homme, aussi étouffée qu’elle était. Tun fit un grand effort sur elle-même pour ne pas lui sauter à la gorge. Le plus agaçant était qu’il avait raison. Elle était trop prompte à la colère lorsque quelque chose blessait son orgueil ou son sens de la justice. Que dirait Guang si elle échouait dans sa mission à cause d’un malheureux manque de contrôle ?

Tun préféra détourner les yeux de ses ennemis, mais ce faisant, son regard tomba sur une jeune mortelle assise dans un engin des plus étranges. Son regard s’attarda sur elle car elle pouvait sentir son Chi.

« Et vous ? Sans nul doute vous participez à ce tournoi. Cette jeune femme est un adversaire à ma taille, affirma-t-elle à l’adresse de l’organisateur. Vous voyez bien que je peux participer sans mettre en danger l’équilibre des forces. »

Un silence pesant se fit autour d’elle. Un silence qu’elle ne comprenait pas, n’ayant pas conscience du handicap de celle qu’elle avait désignée.
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Sam 16 Juin 2012 - 21:26

Le prince eut un petit rire lorsque Mai' lui fit un de ses clins d'oeil charmeurs. Il se retourna vers la grenouille et s'adressa à elle :

- Oh, mais, cela est un honneur pour moi de pouvoir complimenter une Dame telle que vous, ma chère!


Il lui sourit et posa alors son regard sur Mai'.

- Hmmm... malheureusement, vous risquez de rire et de manquer de souffle mademoiselle... j'en suis désolé, mais c'est le prix à payer pour m'avoir comme garde du corps!

Ils se rendirent donc au bureau d'inscriptions. Il n'entendit pas l'appel de sa soeur de coeur. Cependant, pendant qu'il parlait à la magnifique esprit, Ru-Kang se rendit compte qu'un drôle de moineau parlait à Maisi. Il le surveillait gentiment du coin de l'oeil pendant que le débat se déroulait toujours entre l'organisateur, l'esprit et lui-même. Tun avait quelques difficultés avec ses mots tout à coup... comme si elle prenait plus de temps pour réfléchir. Ru-Kang regardait l'organisateur, ils réfléchissaient. Quelque chose clochait dans les paroles de Tun. Elles n'étaient pas tout à faire naturelles. *Se joue-t-elle de nous? Elle n'était pas du tout partie dans cette direction au départ... c'est sûr... mais...* Le prince fut, alors, interrompu dans ses pensées par l'homme qui parlait et dessinait depuis tout à l'heure. Ce qu'il disait n'était pas faux... un peu simple, mais vrai. Alors, Ru-Kang s'adressa aux personnes présentes :

- Heum... oui! C'est vrai... il y a des règlements assez particuliers...


Il se retourna vers l'homme :

- Vous avez lu celui qui n'autorise pas l'utilisation de fruits secs comme arme?


L'esprit se sentit insultée lorsque le nouveau venu compara sa mission à des hommes qui ne se lavaient pas, alors, Ru-Kang fit de même, comment osait-elle remettre en question les rites religieux et spirituels de certains?

- Je m'excuse Mademoiselle Tun, mais ce n'est pas une mauvaise comparaison que vient de faire mon ami! Cela fait partie de la culture de certains, que voulez-vous...! Et oui! Ils le font vraiment... personnellement, je n'en ferais jamais l'expérience, mais je les respects! Il faut du courage pour ça!


Le frère de l'Empereur écoutait toujours cette conversation. Il se rappelait très bien le «pourquoi» du règlement que Tun venait de donner. Il se remerciait d'avoir caché ses yeux lors de ce combat entre le démon piquant et ce pauvre homme qui n'en est pas sorti vivant. À l'époque il n'avait qu'onze ans en plus... Cela avait été désastreux cette année-là. Même s'il n'avait pratiquement rien vu, le prince en avait fait plusieurs cauchemars. Heureusement, c'était passé, mais, malgré tout, Ru-Kang en gardait certaines images. Le démon était sorti gagnant, mais n'avait pu se rebattre. Les directeurs n'avaient pas voulu après une très courte réunion. Ce n'était plus un tournoi d'arts martiaux, mais plutôt un tournoi d'arts sanglants avec ce démon.

Lorsque le directeur présenta la feuille d'inscription à l'homme qui avait parlé à Maisi, Ru-Kang inscrivit son nom aussi, juste avant que l'esprit pique une autre colère. *Non... mais, elle commence vraiment à me tomber sur les nerfs celle-là... impulsive va!*, se dit le prince qui en avait vraiment marre... les esprits n'étaient pas supposés être calme et réfléchis? Ce n'était décidément pas le cas pour celle-là du moins!

Le prince éponge eut une moue surprise lorsqu'il apprit que les règles des combats allaient être pigées au sort. Ce serait une difficulté de plus, mais il était toujours partant et ferait de son mieux pour gagner ce tournoi! Et puis, le hasard pouvait pencher en son honneur... surtout si les règles permettaient les armes à longues distances... Il se disait qu'il avait bien fait d'apporter son arc et ses multiples flèches. L'esquive serait toujours de mise, mais il aurait au moins quelques armes dans sa manche.

Le prince ne put s'empêcher de rire lorsque l'homme masqué parla à l'Esprit. Il avait été brillant sur ce coup. C'est alors qu'il retourna auprès de Mai' qui avait suivi, elle aussi, leur conversation. Alors qu'il ouvrit la bouche pour lui poser une question, Tun s'adressa à elle. L'homme dut se répéter les paroles de l'Esprit plusieurs fois avant de vraiment y croire. *NON! Mai' ne peut pas participer au tournoi! C'est sa vie qui peut être en jeu! Si... jamais... non, je ne veux même pas y penser, je ne m'en remettrais jamais!*, se dit le prince sous le choc. Sans réfléchir, il se retourna vers l'esprit en s'interposant entre le fauteuil et elle. Il cligna des yeux, puis quand il les rouvrit, ceux-ci était d'un brun in-habituellement foncé. Ses prunelles avaient maintenant la couleur de ses cheveux, ce qui n'était pas bon signe. Il retroussa les manches de sa tenue traditionnelle et pour la première fois depuis les paroles de l'esprit, se retourna vers Maisi pour voir sa réaction. Avant ce moment, il n'avait pas pensé le faire. Ses prunelles s'attendrirent aussitôt. *Elle peut peut-être le vouloir... non! Je ne peux pas la laisser faire ça! Elle ne s'inscrira pas! Ce n'est pas une compétition pour les conseillères de rois*, pensa l'homme mal assuré. Il se retourna vers l'esprit et prit un air plus dur. Le frère de l'empereur usa d'un ton sec :

- Elle n'est pas une participante...


Le prince se déplaça derrière la chaise de son amie et posa ses deux mains sur ses épaules le plus gentiment que son humeur pouvait le lui permettre. L'esprit était mieux de s'expliquer et très vite, car elle allait voir de quels bois il se chauffait sinon... il était en d'autres mots : plus que furax. La fumée lui sortait pratiquement par les oreilles. Il cassa une nouvelle fois le silence :

- Elle serait excellente à sa manière... j'en suis sûr, mais là n'est pas sa place et je ne me permettrais pas de la laisser prendre ce risque!


Le prince éponge avait été encore une fois très cassant, même agressif dans ses propos. C'était rare, mais toutes fois, cela arrivait lorsqu'on parlait de la sécurité de sa soeur. Toujours derrière le fauteuil, Ru-Kang jeta un regard tout autour de lui. La grenouille qui avait senti sa fureur... s'était enfuie...
Quan Ru-Kang
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Mar 19 Juin 2012 - 19:26

Maisi n'aimait pas cela, les choses allaient finir par dégénérer… Mais elle ne pouvait pas pour autant détacher son regard du spectacle que Tun leur donnait. L'esprit était fascinant à ses yeux et n'était pas dénuée de charme, bien qu'elle préfère les traits masculins. Depuis qu'elle maniait le Chi avec de plus en plus de précision, il lui était déjà arrivé de voir des esprits. Mais elle n'avait jamais eu à en côtoyer un d'aussi prêt. Et certainement pas un aussi puissant. Elle avait un peu l'impression d'être Icare à deux doigts de voir la cire de ses ailes fondre. Plus que jamais elle avait conscience que tout le monde, ici, devait faire attention à ses faits et gestes. Tout comme ses paroles.

Les vagues de mécontentement, de frustration, qui lui parvenaient parfois forçaient l'admiration. Non pas sur ce point mais sur la maîtrise de soit qu'avait Tun. Enfin… Jusqu'à un certain point puisque tout ce beau monde finit tout de même par la faire sortir de ses gonds. L'esprit de passa pas pour autant ses nerfs sur l'assistance ce qui était quelque chose d'admirable. Elle en aurait presque été en droit tant certains semblaient chercher à la provoquer. Notamment ces guerriers masqués… A ainsi parler à l'esprit, ils attirèrent l'attention de la jeune femme.

Le travail de Maisi, entre autre, avait à voir avec la sécurité de l'Empereur. A sa charge de scruter les esprits des gens pouvant l'approcher afin de déceler si quelqu'un cherchait à lui nuire ou à lui mentir. Ainsi, laisser son esprit frôler ceux des autres pour s'assurer de leurs intentions était devenu instinctif chez elle, surtout lorsqu'elle trouvait quelqu'un étrange ou menaçant. Si elle avait eu la présence d'esprit de ne même pas chercher à le faire pour Tun, ces guerriers-là lui semblaient suffisamment étranges pour qu'elle vérifie rapidement.

Ce n'était jamais une intrusion violente. Elle pouvait le faire si elle le désirait, ou si la nécessité se faisait sentir, mais elle avait conscience que les gens considéraient sa façon de faire comme le viol de leur intimité. Elle avait donc apprit à travailler sur les premières pensées, celles de surfaces, afin de déterminer si elle devait creuser plus profondément ou non. Sans le savoir les gens lui montraient patte blanche pour qu'elle puisse savoir si elle devait les sonder ou pas…

De ce premier examen succinct, elle n'apprit pas grand chose. Ils lui semblaient particulièrement déterminés, ce qui pouvait se comprendre… De même que la nervosité, entre le face à face avec un esprit et ce désir de taire leur identité… Par contre elle fut surprise de constater que leur hostilité envers Tun ne semblait pas à la hauteur de leurs propos. Peut-être cherchaient-il seulement à la provoquer au maximum pour la faire disqualifier d'une quelconque manière?

Elle en était encore à analyser ces informations lorsque l'esprit s'adressa directement à elle. Vraiment… Vraiment, elle avait espéré qu'elle ne se ferait pas remarquer. Mais elle savait qu'avec son affinité avec e Chi, elle finirait par attirer l'attention d'un esprit. Mais elle se serait agréablement passée de cette situation là. Le ouge monta légèrement aux joues de Mai'. Ce n'était pas tant pour elle que pour l'esprit qu'elle était gênée… Elle avait largement l'habitude de son handicap et des réactions désagréables que certains avaient… Mais en la désignant comme adversaire à sa hauteur, Tun ne faisait pas éloge de ses capacités physiques… La jeune femme avait conscience de ce qui avait fait dire cela à la femme singe, même si elle ne s'estimait certainement pas à sa hauteur dans ce domaine, mais elle craignait que les guerriers présents ne voient pas plus loin que le bout de leur nez…


-Je…

Elle n'eut pas vraiment le temps de parler, Ru-Kang vint s'interposer entre l'esprit et elle pour prendre sa défense. Elle trouva l'attention touchante mais inutile… Mais c'est ce qui caractérisait le lien qui s'était tissé entre eux, ils étaient prêts à tout pour aider l'autre ou pour le protéger. Même se mettre devant un esprit… Lorsqu'il se retourna vers elle, il put constater que la jeune femme était parfaitement calme et sereine, absolument pas inquiétée par ce qui venait se dire. Elle aurait voulu pouvoir s'expliquer en première mais il ne lui en laissa pas le temps. Lorsqu'il passa derrière elle, elle lui serra furtivement la main pour le remercier de sa sollicitude puis elle adressa un sourire à Tun qu'elle salua respectueusement d'un mouvement de la tête, faute de mieux…

-Je vous remercie d'estimer que je puisse être un adversaire à votre hauteur. Malheureusement je ne participe pas au tournoi, je ne saurai pas mettre en valeur les capacités physiques de mes potentiels adversaires… Cela ferait un bien piètre spectacle.

Elle s'était adressée à Tun avec beaucoup de respect, esquivant son invitation avec délicatesse. Il n'y avait aucune trace de moquerie ou d'ironie dans le ton de la jeune femme. Elle disait juste la vérité, elle n'avait pas les moyens physiques de rendre un combat contre elle intéressant… Elle admirait ces combattants d'ailleurs, libres de leurs mouvements…

-Et je ne doute pas que vous saurez nous offrir de magnifiques combats, ainsi que chaque combattant réuni en ce lieu. Ne serait-il pas regrettable de ne pas pouvoir assister à cela? Alors que ce tournoi est le point culminant de cette grande fête et que l'Empereur lui-même vient admirer nos fiers combattants…? Sans compter que ces messieurs ont, semble-t-il, déjà prouvé que cela ne les dérangeait pas d'affronter un esprit. Pourquoi refuser son inscription à quelqu'un de valeur?

Si elle s'était initialement adressée à Tun, son regard avait glissé vers l'organisateur à la fin de son discours. Toujours souriante et douce, elle avait ainsi valorisé les qualités de combattant de chacun tout avançant délicatement certains arguments. C'était une tentative un peu plus diplomate d'aider Tun…
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Mer 20 Juin 2012 - 15:30

Pour How Yuan, la conversation s’avérait follement intéressante. En fait, elle était même passionnante, à sa manière. Tel un papillon de nuit fasciné par les flammes, il suivait du regard chacun des intervenants lorsqu’ils prenaient la parole. C’était comme assister à une sorte de match sportif, mais avec des mots à la place de poings, de pieds ou de ballons. Mais là, au moins, personne ne risquait de glisser dans la boue ou de recevoir un mauvais coup. Du moins pour le moment ; si les esprits continuaient de s’échauffer, les mots pouvaient finir par être la cause de sacrés dégâts. Mais de cela, Yuan ne s’en rendait pas compte. Non pas qu’il fut bête, loin de là, mais il restait quelqu’un de fondamentalement simple doté d’un caractère guère plus compliqué. Il fallait développer des trésors de patience mesquine et d’efforts diaboliques pour parvenir à ne serait-ce qu’agacer l’héritier des How, et l’entreprise se révélait généralement bien trop fatigante pour des résultats médiocres. Quant à le mettre en colère, il fallait se lever tôt ; souvent deux ou trois semaines avant les faits n’était pas de trop. Il était comme ça, Yuan : il considérait la colère comme une dépense d’énergie inutile. Et chez les autres, il la fascinait ; sans doute parce qu’il se rendait rarement compte qu’il s’agissait de colère. Il s’était tellement habitué à voir le bon côté des choses qu’il oubliait souvent qu’il pouvait en rester un mauvais, quand on regardait bien.

« Ah non, je n’avais pas vu, pour les fruits secs. »
répondit-il au frère de l’Empereur, et ce avec le plus grand sérieux. « Mais je ne suis pas étonné : personne ou presque n’aime ça, en vrai, les fruit secs. Ca finit toujours par se coller entre les dents, et c’est désagréable. Pourtant, comme ils sont secs, on pense que ça ne devrait pas arriver ! Le nom est trompeur, j’ai envie de dire. » Puis il se tourna vers l’esprit à la fourrure orange avec son plus sincère sourire d’excuses, que même les administrés les plus rébarbatifs de son seigneur de père avaient tendance à trouver désarmant : « Loin de moi l’idée de vous manquer de respect. C’était un exemple comme un autre. Et encore, ce n’est rien : vous seriez surprise de savoir ce que certaines personnes sont prêtes à faire au nom d’un dieu ou même d’une conviction moindre. Franchement, ceux qui ne se lavent pas ne sont finalement pas très nuisibles, côté atrocités. Enfin, à part l’odeur bien sûr. Tiens, vous ne sentez pas mauvais, d’ailleurs. J’m’étais toujours demandé ce qu’un esprit pouvait sentir, et je dois dire que vous vous en tirez vachement bien de ce côté-là, euh… mademoiselle l’esprit ? »

Yuan n’avait fichtrement aucune idée de la manière dont on s’adressait à un esprit, surtout un esprit si collet monté. Xiao Pen devait le savoir, lui. Le petit homme rondouillard qui lui servait de chaperon savait comment s’adresser à n’importe qui avec l’étiquette adéquate. Pen était très fier de son étiquette. Mais il n’était pas dans les parages, sans doute encore occupé à leur trouver un logement au village. Pour l’heure, Yuan allait devoir se débrouiller sans lui pour nager dans les eaux dangereuses de la société, aussi bien humaine que spirituelle. Et il avait la désastreuse habitude de s’y mouvoir comme un gros chien fou jeté à la flotte. Tout cela lui rappelait vraiment certains des conseils marchands auxquels son père l’avait forcé d’assister : tout le monde commençait à parler en même temps, souvent dans le but de le faire plus fort que son voisin, et on trouvait finalement de quoi tromper son ennui.

« Oh, c’est tout ? »
se retrouva-t-il à dire à l’organisateur, vaguement déçu qu’il ait interrompu l’esprit dans sa litanie sur le règlement. Il s’empressa de signer à la suite du frère de l’empereur, et voulut tenter de consoler la fureur de Tun : « Vous avez pris le temps de tout lire ? Je suis très impressionné, vous savez ! Et vous vous souvenez de tout, en plus ! Moi, je ne me souviens même pas où je range mes chaussettes. Et il y a vraiment des esprits porcs-épics ? Ce sont des créatures fascinantes, les porcs-épics. Il suffit d’avoir des gants épais, et on ne risque pas grand-chose à les étudier ! Je dois en avoir un en croquis quelque part dans un de mes carnets… Tiens, vous croyez que je pourrais vous dessiner ? »

Il avait demandé cela à Tun avec le plus grand sérieux, une note d’espoir dans la voix, ignorant la pique de l’homme masqué à l’intention de l’esprit. Yuan avait des œillères lorsqu’il s’agissait de mesquinerie, et il songeait déjà à la joie d’avoir un esprit aussi joli parmi ses œuvres. Peut-être qu’étudier le monde spirituel pouvait s’avérer presque aussi intéressant que le monde naturel, finalement. Mais c’était sans-doute plus compliqué ; les porcs-épics rétorquaient rarement des remarques acides au naturaliste de passage. Il était encore perdu dans ses pensées quand son attention fut soudainement attirée par les éclats de voix du frère de l’Empereur, qui s’était interposé entre Tun et la jeune femme à qui Yuan avait laissé son croquis. Et si Yuan avait un point commun avec l’esprit acariâtre, c’était qu’il n’avait toujours pas remarqué l’handicap dont souffrait la femme en fauteuil. Pour Yuan, ce n’était vraiment pas le genre de détails qu’il remarquait en premier lieu chez les gens. Mais il remarqua aussitôt autre chose tandis qu’il s’avançait vers eux, récupérant d’un air absent son fusil des mains du passant à qui il l’avait confié.

« C’est malin, à force de vous énerver, vous avez fait fuir la grenouille ! Comment je vais pouvoir la répertorier, maintenant ? »

Yuan, lui, n’était pas énervé. Il avait surtout l’air dépité, et rappelait un chiot à qui on aurait flanqué un coup de pied. C’est qu’elle était chouette, cette grenouille…
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Jeu 21 Juin 2012 - 23:40

Au loin, on entendait un vague trot, mou et traînant. Pourtant, le son était régulier, tellement bien rythmé que des horloges suisses auraient applaudit d'admiration. Dessus, un cavalier tanguait au même rythme que la monture, parfois pour s'équilibrer, parfois, semblait-il, pour tenter de cueillir une pâquerette qui passait par terre, tant il penchait dangereusement. Mais il n'y a pas de petit miracle ; l'homme ne tombait pas.

Luoh avait acquis un cheval. Comment ? Légalement. Avec quoi ? De l'argent. Argent d'où ? Gagné honnêtement. L'histoire semble tentante à connaître, n'est-ce pas ? Bah, que vous le vouliez ou non, aucune importance, vous saurez ! Mais plus tard, car là n'est pas le sujet. Quoi qu'il en soit, le vendeur l'avait assuré : c'était une bête extraordinaire. Un bon gros cheval, rond comme un tonneau, à la vitesse... constante, avait hésité le vendeur, mais à l'endurance increvable avait-il achevé avec enthousiasme. À la vu de ce vieil animal dont la crinière recouvrait le regard et qui mâchonnait un brin d'herbe d'un air absent, Luoh en avait douté. Mais pour les faibles moyens dont il disposait, ce serait plus que suffisant. Pourtant, le vendeur n'avait pas mentit : l'animal était vraiment extraordinaire car il possédait un don. Un vrai don. Vraiment ; d'où qu'il se trouve, il pouvait retrouver du chais-pas-quoi, avait constaté le guerrier. De ce truc là. Comestible. Sans goût. Bizarre. Liquide !

Eau. Voilà, ce truc, là, eau. Eau stagnante, de rivière ou simple flaque, toujours, Mù Tǒng -le bien nommé cheval- se précipitait dessus avec gourmandise et semblait tenter de tout boire. Ce qui était difficile dans le cas de rivière, nous en conviendrons, mais ô divin bonheur, le cheval semblait plus affectionner les eaux stagnantes. Et c'est ainsi tant bien que mal que Luoh s'était dirigé, zigzagant au grès des flaques et point d'eau que le destin mettait sur sa route, vers le village de Zhuang.

Il s'était imaginé une arrivée en fanfare, les enfants courant à sa suite, les femmes rougissant de le voir passer. Oh, le cavalier -fier !- sur sa monture -puissante!- qui de son pas -chevaleresque !- ferait tourner les têtes des femmes -mignonnes !- grâce à son regard -perçant !- et à sa tête – ajoutez un adjectif positif ici!-, oui, ça aurait été si grand ! La réalité fut toute autre. Déjà, alors qu'il pénétrait tout juste en ville et tandis que l'animal avançait d'une allure que le grand Lu estimait de plutôt bonne par rapport à sa moyenne normale, voilà qu'une gamine d'une dizaine d'année se montra frustrante en dépassant le duo. En trottinant, en plus, même pas en courant. Et elle portait un seau.

Pire : le seau... était chargé... d'eau. Mù Tǒng perdit la raison et coursa soudainement la fillette (ou plutôt, ce qu'elle transportait), celle ci prit peur et s'enfuit chez elle en hurlant, lâchant son fardeau au passage. Les piaillement du malheureux chevalier restèrent vain aux oreilles du canasson qui pilla net devant la petite étendue d'eau étalée, manquant de désarçonner son cavalier. La foule présente ne pu s'empêcher de sourire, Luoh commençait à avoir les joues rouges. Personne ne nota l'incroyable prouesse d'être resté sur le cheval malgré tout, évidement. Pire encore, quand il descendit, son pied resta accroché dans un étrier, ne manquant, cette fois, pas de le faire tomber à terre. Le cheval sembla s'en fiche totalement, plongé dans sa petite flaque de bonheur mais les passants, eux, riraient de bon cœur.

Les joues rouges, Luoh tenta de déplacer son canasson, mais ce dernier se montra plus coriace que lui. Le vieux gémit un instant, les oreilles maintenant définitivement rouge. Une petite pensée de « j'aurais mieux fait d'rester couché » le découragea. Les gens le regardaient, certes, mais pas de ces yeux admiratifs qu'il aurait souhaité voir. Plutôt, chacun attendait quelle prochaine drôlerie le personnage allait effectuer. Le Grand Lu prit une grande inspiration, se redressa de toute sa taille, et attacha la bride de sa monture sur une branche d'arbre, posté juste à côté. Le geste était symbolique, sans doute Mù Tǒng n'aurait bougé pour rien au monde.

Puis d'un pas qu'il se concentra pour rendre fier, il se rendit aux inscriptions.

On le dit souvent, il ne faut pas se fier aux apparences. Luoh en était l'incarnation même : alors même qu'il était sobre ( Mù Tǒng ne s’intéressant pas aux alcools, au grand regret de son cavalier), il donnait l'impression d'en être au moins à son dixième tonneau d'alcool de riz ingurgité. En moins d'une heure. Et quand il se fit une place dans la foule, se faufilant tel la baleine dans le gang de hareng, sa voix elle même trahit cette fausse impression d'Ivresse.

« Et me v'là ! Alors, Ou qu'on s'inscrit, si on veut participer ? brailla-t-il corps et âme. Oh ! Z'en faites une tête, tous ! S'passe quelque chose ? »

Et ainsi commença le début d'hypothétique légende de Tan Luoh.
Tan Luoh
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Sam 30 Juin 2012 - 16:39

Tun pouvait sentir une certaine hostilité émaner du jeune prince. Elle ne la comprenait pas. Était-ce seulement parce qu’elle considérait le fait de ne pas se laver pour honorer un dieu comme idiot ? Non, il y avait autre chose. Cela dit, il était bien naïf de croire qu’il fallait du courage pour ne pas se laver. Il fallait plus de courage pour faire quelque chose que pour s’abstenir de faire quelque chose, voyons ! Et Tun ne connaissait pas un dieu qui aurait aimé avoir des adorateurs puants. Non, définitivement, ces gens-là n’étaient que des ignorants, selon Tun. Elle ne voyait aucune justification à un tel comportement et elle trouvait toujours offensant qu’on la compare à eux. Et voilà que le frère de l’Empereur en rajoutait une couche !

Mais comme de toute évidence il lui apparaissait offensant de dénigrer ces imbéciles malodorants, Tun dut s’abstenir de tout commentaire supplémentaire. Une nouvelle fois. On disait les esprits et les dieux fort capricieux et difficiles, mais les mortels pouvaient visiblement rivaliser avec eux !

Quand Ru-Kang se plaça devant la jeune femme que Tun avait interpellée, adoptant une attitude protectrice, l’esprit commença à comprendre ce qui se passait. Et elle n’aimait pas ça. Oh que non ! Quand elle entendit ses mots, elle faillit s’étouffer d’indignation. Tun n’était pas seulement un esprit. C’était aussi une femme, du genre fière et indépendante... Et très tatillonne à ce sujet. Son visage devint plus rouge que jamais tant elle était furieuse.

« Ce n’est pas SA PLACE ?! VOUS ne VOUS permettrez pas de la laisser prendre ce risque ?! Que ! Je ! Comment osez-vous ! Vous ! Vous ! Vous n’avez pas le droit de...! »

Fort heureusement, avant que Tun ne puisse proférer de vilains mots, la jeune femme à l’étrange fauteuil intervint. Il fallut quelques secondes à Tun pour comprendre enfin. C’était donc à cela que servait cet engin infernal.

« Oh, je vois... Vous ne pouvez pas vous servir de vos jambes n’est-ce-pas ? Je suis désolée... Je n’avais pas réalisé. »

L’esprit était sincère. Un tel handicap ne devait pas être facile à vivre. Surtout quand de jeunes princes insolents vous tournaient autour à longueur de journée pour vous bichonner jusqu’à écœurement. Grumpf. En parlant du prince... Tun n’en avait pas fini avec lui ! Elle se tourna vers lui en pointant un doigt sévère dans sa direction.

« Mais ce n’est pas ça qui l’empêchera de se battre, si elle reçoit l’entraînement approprié. Et c’est à elle seule de décider de le faire ou non ! Qui êtes-vous pour savoir mieux qu’elle quelle est sa place ? »

C’était une question rhétorique, bien entendu. À ses yeux, tout fils d’Empereur qu’il était, il n’avait pas le droit de brider le potentiel de cette jeune femme si elle voulait l’utiliser.

C’est suite à cela que les choses se précipitèrent et que Tun perdit le fil de ce qui se passait autour d’elle. Le grand bavard ne cessait de la décontenancer. Il était capable d’aborder tant de sujets de conversation à la fois que l’esprit ne savait quel était celui auquel il accordait le plus d’importance, celui auquel elle devait répondre. Ainsi, elle se contenta de balbutier :

« Oui, j’ai... Merci, mais... Chaussettes ?... Dessiner ? ME dessiner ? »

Quand Tun réalisa qu’il venait de lui demander s’il pouvait la dessiner, elle en resta coite un moment. Bien sûr qu’elle savait ce que c’était que dessiner ! Guang dessinait. Ses conquêtes. Nues, de préférence. Si Tun rougit à nouveau, cela n’avait plus rien à voir avec de la colère cette fois. Les yeux fuyants, elle demanda sur la défensive :

« Et pourquoi voudriez-vous me dessiner, d’abord ? »

Sur ces entrefaites, le plus curieux mortel que Tun eût jamais vu entra en scène. Il était très grand et paraissait... Bancal.

« On me refuse le droit de participer au tournoi parce que je suis un esprit, on offense la fierté des dames et pour je ne sais quelle raison, on parle aussi d’une grenouille, résuma Tun pour le nouvel arrivant, le ton boudeur.
- Pour ce qui est de votre inscription au tournoi... On peut peut-être s’arranger. »

De nombreuses têtes se tournèrent vers l’Organisateur qui venait de parler. C’est qu’en entendant la voix de la raison de la bouche de la jeune dame Yetai, il avait réfléchi et sa volonté avait commencé à plier. L’Organisateur n’ignorait pas à qui il avait affaire. Si à la fois le frère de l’Empereur et sa fidèle suivante pensaient que Quan Xiu le Bel préférerait ne pas refuser la participation de l’esprit au tournoi, c’était probablement vrai. Et malgré son souci de justice, l’Organisateur n’aurait rien fait pour déplaire à son Empereur, qui savait sans aucun doute mieux que lui ce qui était le mieux à faire en matière d’esprits et de tout ce tintouin céleste.

Tun, qui commençait à être apaisée demanda :

« Vraiment ? »

Elle n’obtint pas de réponse immédiate de l’Organisateur qui se contenta dans un premier temps de hausser les épaules.
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Jeu 5 Juil 2012 - 21:14

Le garçon au croquis lui répondit qu'il n'aimait pas les fruits secs juste avant que l'esprit fasse la bêtise de dire que Mai' allait sûrement participer au tournoi. Le prince dans un élan de colère réagit énormément aux paroles de l'Esprit.
Pourtant son amie avait l'air très clame et posée. En allant se placer derrière son fauteuil, celle-ci lui serra doucement la main pour qu'il se calme. À ce seul contact, le prince se calma. Son amie avait toujours les bonnes techniques pour le remettre de ses émotions. Heureusement, elle n'avait pas à s'en servir souvent vu que le prince était plutôt introverti, sauf bien sûr, quand on parlait de Maisi. Alors, là, nous retrouvions le lion des lagunes perdues.

C'est alors qu'encore une fois Tun perdit patience, elle en perdait même son vocabulaire. Le prince maintenant calme pour de bon, ne réagit aucunement à ses propos, de toute manière, il n'eut pas à le faire vu que son amie prit la parole pendant que le garçon aux dessins finissait sa tentative de calmer l'esprit. Cependant, Ru-Kang ne s'en aperçut pas vraiment, car il était très attentif aux paroles de l'Esprit et de Mai'. La femme singe venait enfin de se rendre compte que la jeune femme qui se trouvait devant elle ne pouvait plus marcher. Le frère de l'Empereur en étant rassuré, c'était toujours ça, non? Après des excuses, l'Esprit se tourna carrément vers lui en le pointant du doigt. Ses paroles n'étaient pas roses. Le prince décida de réagir à ses propos de bonne façon, mais il ne prit pas 56 000 chemins :

- Eh bien, ma belle Mademoiselle Tun, c'est justement parce que ce n'est pas le chemin qu'elle a choisi que je me suis interposé lors de vos propos. Maisi est quelqu'un de formidable et elle est très puissante, cependant sa place est auprès de mon frère lors de ses fonctions, car elle est sa garde du corps de premier rang. Elle sait elle-même où est sa place... j'espère aussi qu'elle sait qu'une partie de sa place est dans mon coeur.


Le prince massa légèrement les épaules de son amie en signe de remerciements pour l'avoir calmé. Ses paroles ne relevaient rien d'amoureux, juste des sentiments d'une tendre et vieille amitié. Il ne fallait pas se le cacher, Maisi était beaucoup pour lui, dont sa confidente numéro un et sa plus chère amie. C'était sa soeur de coeur, sa protégée et sa protectrice.

L'Esprit fut concerné par l'homme qui était un peu plus tôt très occupé avec la grenouille. Mais où était-elle au juste? Ru jeta un coup d'oeil sur l'épaule de son amie, la grenouille n'y était plus, maintenant juste sa main était sur celle-ci. C'est alors que l'homme lui fit la remarque. Le jeune prince se sentait mal... elle avait l'air sympathique cette grenouille.

La voix d'un grand gaillard fit sursauter le jeune homme qui se retourna aussitôt pour apercevoir un autre concurrent. Celui-ci était étonné par l'atmosphère qui régnait dans le chapiteau d'inscriptions, alors l'Esprit se chargea de lui faire un récapitulatif que Ru-Kang accepta d'un hochement de tête sans trop écouter. C'est alors que son cerveau ré-entendit ce qui venait de se dire. Le prince regarda Tun d'un regard perplexe. *Comment ça, la liberté des Dames? Pff... non, je vais être plus mature et ne rien dire...*, se dit le prince vexé.

Ru-Kang était cependant heureux d'apprendre que la femme singe pourrait participer au tournoi comme tous les fabuleux combattants présents comme l'avait fait valoir son amie Mai'. Le frère de l'Empereur s'exprima :

- Merci monsieur l'organisateur, vous avez pris la bonne décision. Tun sera l'une des fières combattantes de ce tournoi. Si je puis me permettre...

Le jeune homme prit la feuille d'inscription et la donna au nouvel arrivant avec un grand sourire pour souhaiter la bienvenue à l'homme d'âge mur qui venait d'arriver. Il reprit la parole d'une voix chaleureuse :

- Bienvenue à vous monsieur! Pour vous inscrire vous n'avez qu'à écrire votre nom sur cette feuille comme moi et mes amis ici présents avons fait. Vous voyez comme nous sommes chanceux! Vous aurez peut-être la chance de vous battre contre un Esprit. C'est le mannequin qui va se faire dessiner par notre artiste en herbe qui se tient là.

Ru-Kang rit gentiment et pointa l'homme avec le cahier de croquis. Ses paroles étaient totalement dépourvues de méchanceté et il avait été sincère. C'était sa manière de rire de la drôle de situation qui se présentait à eux en ce jour d'inscriptions. Il avait bien hâte de voir les capacités de tous les combattants présents. Il devrait étudier la morphologie de chacun pour voir quels avantages et quels désavantages il aurait à se battre contre eux. Cela allait être assez amusant. L'introverti prenait des notes dans sa tête pour tous les évalués séparément le soir venu.
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Mar 10 Juil 2012 - 16:20

Yuan, lui, était toujours très concerné par la disparition de la grenouille. Faisant glisser la courroie de son long fusil sur l’épaule pour mieux en répartir le poids, il manqua donner un coup de crosse involontaire à deux ou trois participants qui eurent le réflexe de l’éviter. Ce qui était normal après tout, pour des personnes inscrites à un tournoi d’arts martiaux. On ne se lançait pas dans ce genre de chose si on avait les réflexes d’une motte de beurre. Mais le jeune naturaliste ne pensait pas à tout ça, ni à ses propres réflexes d’ailleurs ; son esprit était tourné sur une seule chose : grenouille. C’était un truc pour mieux étudier les merveilles de la nature, ça. Il fallait deviner ce que pensait le spécimen qu’on désirait trouver, penser comme lui, agir comme lui. Yuan devait être grenouille. C’est à peine s’il prêta attention aux derniers échanges entre le frère de l’Empereur, la jeune Maisi et Tun concernant l’infirmité de l’humaine. Mais comme il n’y eut plus d’éclats de voix, Yuan se dit que la situation était réglée. Tant mieux, il trouvait déjà stupide de s’en faire pour si peu ! Maisi était assez grande pour parler pour elle-même, de toute façon. Il ne voyait pas en quoi un fauteuil pouvait l’en empêcher. Et ce n’était pas par manque de tact ; simplement, Yuan vivait dans un monde à lui où ce genre de choses n’étaient que des points flous aux limites de son esprit et auxquels il n’apportait guère d’importance parce qu’il ne le connaissait pas très bien. Il connaissait bien mieux les habitudes migratoires des alouettes impériales des plaines par exemple, et il ne voyait pas pourquoi il ne pourrait pas s’en contenter.

L’arrivée d’un grand homme dégingandé et au teint marqué par les années réussit à le distraire un instant. Le nouveau venu était unique, Yuan en était certain, et il était fasciné par le maintien de ce très curieux personnage. Comme si l’homme essayait de se donner de l’importance chargée de dignité, mais que son corps n’était pas vraiment fait pour ça. A le voir s’approcher, c’était comme regarder un sac d’os qu’on soupçonnait cliqueter à chaque pas. Il désirait s’inscrire au tournoi, ce qui n’avait rien d’étonnant ; ce qui aurait été surprenant, c’est s’il avait demandé où se trouvait le vestiaire pour aller enfiler sa robe de bal pour la danse, par exemple. Il s’enquit aussi de ce qu’il se passait pour que tous aient de drôles de têtes. Et ce fut du tac au tac, sans réfléchir et sans malice, que Yuan lui répondit joyeusement :

« Votre tête à vous est plutôt drôle, elle aussi ! Mais vous avez raison, il s’est bien passé quelque chose d’inhabituel et d’un peu embêtant… »

Là, normalement, n’importe qui aurait cru bon de prévenir cet homme de la présence d’un esprit et des ennuis qui auraient pu en découler concernant l’inscription au tournoi et son étrange règlement. Ce fameux n’importe qui, toujours lui, aurait aussi pu désigner d’un geste discrets les trois hommes masqués à l’air louche, ou parler du quiproquo qui avait eu lieu entre l’esprit, une jeune femme en fauteuil roulant –quelque chose d’assez rare pour être mentionné, là aussi- et le frère de l’Empereur en personne ! Oui, il s’en était passé des choses étonnantes et curieuses autour de ce pauvre organisateur ! Les esprits s’étaient échauffés, et ça en aurait fait, des histoires ! How Yuan, lui, un air terriblement grave sur le visage, donna sa version des faits :

« Ma grenouille a disparu. Enfin, ce n’est pas MA grenouille, mais c’est un spécimen que j’avais suivi jusqu’ici. Elle est sans-doute indigène à cette région, ce qui peut expliquer pourquoi je n’en avais jamais vue une comme elle avant… Elle est très belle, colorée, et tout ! J’avais très envie d’ajouter son dessin à mon carnet afin de la répertorier. Je suis naturaliste, voyez-vous… Dites, ça vous dirait de m’aider à la retrouver ? Ca ferait une sacrée quête, histoire de se mette en train pour le tournoi ! »

Yuan avait déblatéré tout ça avec son ton joyeux et terriblement sincère, celui d’un homme simple qui ne comprenait vraiment pas pourquoi quiconque ne serait pas aussi enthousiaste que lui à l’idée d’aller à la chasse à la grenouille. Il se disait simplement qu’à plusieurs, leurs chances seraient meilleures ! Oui, quelle bonne idée ! Il se tourna vers Maisi :

« Vous êtes télépathe, c’est bien cela ? Vous croyez que vous pourriez trouver l’esprit d’une grenouille ?
» Puis, avec une inconscience que certains auraient pu qualifier de suicidaire, il adressa à nouveau la parole à une Tun encore vaguement interloquée : « Et vous, vous connaissez des trucs qui aideraient ? Des super sens, ou des trucs d’esprits ? Je pourrait toujours vous dessiner après, si vous voulez. Tenez, vous pourrez même garder le dessin en souvenir, si il vous plaît ! »

Sans même attendre de réponse, convaincu qu’il avait efficacement vendu son projet à la foule, Yuan en revint à son projet initial : être grenouille. Posant son fusil et tout son matériel à terre, il s’accroupit sur l’herbe humide, les genoux très écartés, et les bras à même le sol devant lui. petits mouvements de têtes saccadés, il regarda autour de lui, sembla humer l’air puis, faisant les yeux ronds. Il fit un bond, puis un autre, puis plusieurs, reprenant à chaque fois son petit manège. P il se figea et, gonflant les joues… il croassa: "Crôa!".

La bestiole ne pouvait plus lui échapper, désormais: il était grenouille.
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Ven 13 Juil 2012 - 1:51

Spoiler:
 

C'était étrange. Luoh était certain de n'avoir pas bu, ces derniers temps. Pas par mauvaise volonté, par incapacité surtout (pas d'alcool, pas de beuverie, mathématique plutôt simple à comprendre). Mais d'un coup, son cerveau remit en doute cette affirmation tant la situation était flou. Ainsi, il resta là, grand, fier, bancal, à attendre bien sagement que son cerveau fasse le reste.

Car si, jusqu'à maintenant, Luoh n'avait jamais été considéré comme un idiot, c'est qu'il avait réponse à tout. Et s'il avait réponse à tout, même aux situations les plus complexes, c'est qu'il avait sa technique : supprimer le compliqué. Prenons Tun, par exemple. Par un brillant tour de passe passe, son cerveau omit en quelque secondes des oreilles, une queue, une fourrure, des pieds étranges. Il restait donc des jambes, des bras, un corps et une tête -un humain donc- plus, mieux encore, des seins -une femme, donc-. Bien voilà, où qu'il était, le problème ?

« Allons ! Où est le soucis, hein ? Cette dame veut participer, qu'elle participe ! On est dans un empire libre, pas vrai ? Où qu'elle s'rait la liberté si on interdit à certain d'participer, hein ? Ou qu'elle s'rait ?! On est pas des barbares du sud, nous ! Nous, on veut d'la li-ber-té ! 

OUAIS !! La LI-BER-Té !! 
»

Il leva le point, bien haut ! Peut-être un peu trop emporté par ses propres paroles. Il y eut alors un petit mouvement de la part de quelque personne, contentes d'avoir un peu d'agitation. Ce n'était pas un discourt bien transcendant, mais ça serait suffisant. Pourtant, quand le formulaire d'inscription chatouilla la moustache du vieux Tan, il oublia ses devoirs de syndicaliste libéral pour inscrire son prénom. Luoh prit son temps. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas écrit. Encore plus longtemps qu'il n'avait pas écrit sur un papier officiel, alors il fit ça bien, forcément. Langues tirée, perles de transpiration sur le front et tout ça. Une fois finit, il soupira même de soulagement tandis qu'il tendait la feuille d'inscription à l'esprit, sans vraiment faire attention. Nan, vraiment, la situation n'était pas bien compliquée.

Cependant, il ne put manquer quelques regards tournés vers lui qui firent immanquablement gonfler son ego. Il en ressentait presque une certaine gène d'être ainsi dévisagé. Des gens avaient encore le poing levé, même. Luoh le releva, par réflexe.

« Ouais ! Crièrent quelques badauds de la foule
-Ouais ! Répéta bêtement Luoh, Ouais ! Et, heu, j'en étais où ?
-Liberté, chuchota un garçon dans la foule.
-Ouais ouais ouais !! LI-ber-Té ! Liberté, de de...
-Crôa! Fit un jeune fils de bonne famille. »

C'en fut trop pour le cerveau de Luoh qui claqua la porte en disant « démerde toi ».

« Ouais, ouais... Liberté... d'être une grenouille ! Ou de chercher la grenouille ! Aller, LI-BER-Té ! On cherche le truc, là ! Grenouille !! Ouais ! »
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Sam 21 Juil 2012 - 18:14

La colère de Tun s’estompa rapidement, alors qu’elle se rendait compte que le jeune prince n’avait pas de mauvaises intention. Non, son irritation se transforma bien vite en écoeurement face à tant de niaiserie. Elle aurait dû être habituée à ce genre de choses avec Guang et ses conquêtes. Mais non. Elle soupira en faisant tourner ses yeux dans ses orbites.
Qui plus est, elle sentit une présence titiller son esprit. Dans un premier temps, elle songea que c’était son Dieu qui venait lui donner de nouvelles instructions, mais la présence était trop timide. Guang n’était pas aussi délicat avec elle. Non, elle se rendit compte bien vite qu’il s’agissait de la jeune femme dans son fauteuil à roues. Tun posa un regard intrigué sur elle alors qu’elle acceptait sa présence dans son esprit.

« C'est tout à fait ça mais vous n'avez pas à en être désolée... Lui répondit la jeune femme par télépathie. Quant au jeune Prince... Il est juste un peu trop protecteur comme un frère aimant pourrait l'être avec sa jeune soeur. Les mortels sont parfois plus gouvernés par leurs sentiments que par la logique ou l'évidence... Ce sera un plaisir et un honneur d'assister à vos combats... »

Tun s’efforça de se montrer plus indulgente envers les mortels qui l’entouraient. S’il y avait plus d’entre eux comme cette jeune femme, les mortels n’étaient peut-être pas irrécupérables. Mais ses efforts se virent mis à mal par le comportement du bavard et du grand bonhomme... Ainsi que de la foule qui les entourait. L’un s’accroupissait pour croasser et l’autre vantait la liberté d’être une grenouille. Tun ne comprenait vraiment pas, cette fois. Mais alors pas du tout. Déconcertée, elle pouvait sentir l’envie d’éclater de rire de la femme en fauteuil roulant. Elle était trop incrédule pour rire. Et trop sérieuse, sans doute.

Et elle n’était pas la seule à se sentir dépassée par les événements. Quand l’esprit se tourna vers l’Organisateur pour lui demander si elle pouvait s’inscrire, il approuva sans rechigner, se demandant s’il ne devait pas accepter plus d’esprit et un peu moins d’humain.

« Pas de bagarre avec les autres participants, hein, rappela-t-il en jetant un oeil aux mystérieux compétiteurs, alors qu’elle inscrivait son nom sur le registre. »

Tun hocha la tête. Les hommes masqués parurent contrarié et se retirèrent. L’esprit ne tarda pas à faire de même, s'éclipsant discrètement en fendant une foule qui criait à la liberté sans trop savoir pourquoi. De toute façon, tous ces étranges personnages étaient bien plus intéressés par une grenouille que par un esprit.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Sam 28 Juil 2012 - 19:08

L’homme aux dessins cherchait délibérément la grenouille que Ru-Kang avait fait fuir. Bien sûr, il se sentait mal, mais l’homme avait pratiquement perdu tous ses esprits jusqu’à présent pour une simple grenouille. Il demandait même à Maisi de l’aider à la chercher avec lui à cause de ses dons télépathiques. C’est à cette pensée que le prince reçut un message de son amie. Quand on parlait du loup! Il entendit dans le coin droit de son cerveau :

"Ne t'inquiète pas, il n'y a pas lieu de poursuivre le débat, je suis certaine qu'elle comprendra..."


Le frère de l’Empereur se doutait bien que Maisi avait réglé cela d’une quelconque manière avec l’esprit en usant de pouvoirs que sûrement elles seules avaient dans cette salle. Elle lui serra tendrement la main et lui sourit, elle savait bien faire face à de telles situations… c’était bien sa sœur de cœur. Tandis que le message de Mai’ finissait de résonner dans sa tête, l’autre homme se mit à scander haut et fort la liberté. Ru afficha une moue surprise devant… tant… de… de… folie? Encore une fois? Ou plutôt peut-être plus tant d’enthousiasme démontrée par un homme qui avec ces traits assez durs n’avait pas l’air d’en démontrer autant habituellement. Il fit une remarque par rapport aux barbares du sud qui fit sourire quelque peu le jeune homme. Celui-ci tomba alors dans des pensées profondes par rapport aux paroles de l’homme qui pouvaient sembler spéciales, mais qui étaient complètement sensées!

*La liberté a beau être un terme large qui s’applique à plusieurs intérêts, elle peut être précisée lorsqu’on parle de liberté d’expression ou encore de liberté d’égalité. Je suis fier de mon frère, car il mène le Royaume d’une façon exemplaire, les riches ont beau avoir énormément d’argent, les pauvres ont environ les mêmes droits qu’eux ce qui a été rare dans notre histoire.*

Ce fut la foule en délire qui réveilla le prince éponge de sa courte pensée, qu’il voulait ensuite philosopher. Luoh menait à lui seul la révolution de tous les hommes ici présent, sauf le chercheur de grenouille qui était déjà sur une autre planète et le prince qui n’avait pas du tout suivit les échanges de la conversation. Le jeune homme fut vraiment au comble du désespoir lorsque l’artiste émit un croassement. Était-il tombé sur la tête?

Cependant, ce qui le fit encore plus sombrer fut certainement les paroles de l’homme d’âges murs… la liberté d’être une grenouille? Il ne parlait pas des droits humains, il y a quelques secondes, celui-là? Ru-Kang n’y comprenait plus rien du tout! Il se retourna vers l’Esprit quand il vit que celle-ci avait disparu. Où était-elle passée? Il devait en avoir manqué un sacré épisode pour ne pas s’être aperçu plutôt de tous ces déplacements et allées et venues. Tun était partie, mais elle n’était pas la seule, tous les justiciers masqués étaient partis eux aussi et le restant des hommes, maintenant accompagné de Yuan parce que leur cause avait dévié, cherchaient la révolution, la liberté et bien sûr, la grenouille.

L’organisateur n’intervenait pas dans ce bazar intergalactique, comment était-ce possible? Peut-être était-ce une stratégie de ce vieil homme pour se faire des amis? Le prince ne se laisserait pas avoir aussi facilement! Que faire quand quelqu’un essaie d’amadouer les autres? Avoir quelque chose d’encore plus intéressant! Mais la question était… quoi? C’est en voyant passer une autre grenouille par-là que Ru eut soudain un éclair de génie et dit :

-Oh regardez la belle grenouille!

Il la prit dans sa main et la montra au dessinateur :

-Il me semble qu’elle soit encore plus rare par ici, non? Vous la voulez de quel angle pour la dessiner Monsieur?

Le jeune homme fit un clin d’œil à son amie, puis dit haut et fort :

-Remercions ce Monsieur pour cet élan de solidarité.

Il désigna Luoh et lui dit :

-Heum… maintenant, pourriez-vous faire passer la feuille et vous assurer que la feuille soit remise de mains propres à l’organisateur?

Puis, il lui sourit gentiment.
Quan Ru-Kang
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Jeu 30 Aoû 2012 - 15:16

Il y avait un certains nombre de choses dans la vie qui paraissaient toujours une bonne idée sur le moment, aussi incongrues soient-elles. Comme se resservir de ce plat délicieux lors d'un buffet alors que son estomac ne pourrait pas faire de place pour un seul petit pois de plus même s'il le voulait. Ou comme de reprendre un verre de ce fabuleux alcool de riz pour bien faire descendre le tout. Et le fait de lancer ensuite un clin d'oeil à la femme du trésorier donne toujours l'impression d'en valoir la peine, surtout sous le bon éclairage. Seulement, c'était là le genre d'idée qui s'avérait toujours bien moins judicieuse après leur résolution, et vous n'aviez ensuite plus le droit de sortir de votre chambre lorsque votre seigneur de père organisait un gala. Et How Yuan était en train de se dire que faire la grenouille entrait dans la même catégorie. Non par sens du ridicule, qui était aussi présent chez Yuan que, disons, chez un caneton ivre et un peu pataud. Le jeune homme ne se souciait absolument pas de ce que quiconque pouvait penser de lui, et n'aurait jamais remarqué qu'on se pouvait se moquer de lui même si on le lui criait très fort dans les oreilles. Le problème tenait plus du fait qu'être une grenouille, ça n'avait en fait rien de bien palpitant. C'était même carrément inconfortable : traîner au ras du sol, les jambes arquées comme si chacune d'entre elle essayait de partir de son côté, et bien ce n'était pas aussi facile que les batracien le laissaient penser. En outre, Yuan n'était visiblement pas très doué en croassements. A l'entendre, il avait plus de chance d'attirer un blaireau un peu malade que la fameuse grenouille disparue. Il persista néanmoins un petit moment, des fois que la chance se déciderait à lui sourire. Mais non, aucune grenouille à l'horizon ; aussi, Yuan finit par se redresser avec autant de souplesse que possible et fit craquer ses genoux endoloris tandis que la foule s'animait autour de ce curieux personnage qui avait fait son apparition quelques minutes plus tôt.

Rassemblant ses affaires, faisant en dernier coulisser la baudroie de son fusil sur son épaule, Yuan écouta avec intérêt sincère les échanges qui parcouraient leur rassemblement. Un sentiment semblait soudainement exalter tout ce petit monde, et le fils How s'y laissa prendre, toujours ravi de vivre dans l'instant. Brandissant un poing au-dessus de la tête, il l'agita dans le vide avec vigueur, ravi de participer à... et bien, il ne savait pas vraiment quoi, mais il était visiblement question de liberté et, toujours, de grenouilles, et c'était là deux choses auxquelles Yuan accordait beaucoup d'importance.

« Ouais, liberté ! »
clama-t-il avec un enthousiasme sincère. «C'est chouette ça, la liberté ! Bon, faire la grenouille par contre, je déconseille, c'est pas très confortable. »

Il s'aperçut aussi que l'esprit avait disparu, et il la chercha du regard, essayant de discerner sa distinctive fourrure orange dans la foule. Il aurait bien aimé lui poser d'autres questions sur ses capacités, notamment dans ses talents pour la chasse aux batraciens, mais elle s'était clairement éclipsée. Et Yuan n'avait même pas pu confirmer le fait qu'il aurait souhaité en faire le portrait ! Décidément, toutes les créatures intéressantes passaient leur temps à disparaître, aujourd'hui ! Bah, elle avait pu s'inscrire au tournoi, finalement, il finirait bien par la revoir. De ce côté là, tout était bien qui finit bien : tous ceux qui le désiraient avaient pu finir par s'inscrire sans distinction de fourrure ou de rang, et personne ou presque n'avait eu besoin de lire le règlement jusqu'au bout.

« Maître, maître, je vous trouve enfin ! »


Yuan tourna la tête en entendant la voix curieusement haut perchée pour l'être rondouillard et de petite taille qui la possédait. Fendant maladroitement la foule, Xiao Pen se dirigeait vers lui de sa démarche chaloupée qui lui donnait un air de canard constipé. Le secrétaire avait fini par retrouver Yuan, et ce dernier l'accueillit avec un sourire joyeux :

« Pen, mon vieux ! Dites, vous n'auriez pas vu de grenouille ? »

Xiao Pen s'écarta pour éviter les poings brandis d'un autre groupe de villageois qui s'adonnaient soudainement à leur nouvelle passion pour la liberté, et s'épongea le front à l'aide d'un petit mouchoir de soie. Il fit les yeux ronds devant la question étrange de Yuan ; il ne s'habituerait décidément jamais au caractère fantasque du fils de son seigneur... Il finit par secouer la tête et cligna comiquement des yeux avant de répondre :

« Non, point de grenouille. Et point de chambre non plus. Tout est complet, jeune maître ! Nous sommes arrivés trop tard, il n'y a plus un lit de libre dans le village ! »

« Oh. Bah, ne t'inquiète pas, nous trouverons bien quelque chose ! Et puis si on doit dormir à la belle étoile, tant pis, ce serait même amusant ! »

« Amusant, maître ? » s'exclama le petit homme, dont le visage exprimait bien toute la panique et la désapprobation qu'une telle idée provoquait chez lui. L'air désespéré il regardait un peu partout autour de lui, tel un poisson hors de l'eau ; non, voyager avec le jeune maître How n'était vraiment pas de tout repos... Xiao Pen devenait bien trop vieux pour ça.
How Yuan
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Ven 31 Aoû 2012 - 13:06

Imaginons l'intellect comme une personne. Celui de Luoh l'avait boudé, dans son coin, faisant un petit « humf ! » méprisant en se bouchant les oreilles à tout le reste. Puis il avait eut un peu pitié : pauvre vieux quand même ! C'était pas sa faute s'il était... était... comme ça. Il avait ensuite rougit d'avoir eut un comportement si gamin et avait rouvert la porte, un sourire d'excuse sur le visage (qu'en temps normal, une notion comme l'intelligence n'a pas, mais on l'a personnifié, vu ? ) et il avait alors vu le massacre de sa courte absence.

Monsieur l'intellect claqua de nouveau la porte, mais plus rapidement encore cette fois.

Luoh, lui, emmené dans ces révolutions grenouillesques, ne comprenait déjà plus rien quant à la situation. Étrange, il était certain de ne pas avoir bu, ces dernier temps. Comment se retrouvait-il dans une mouvement des droits des grenouilles ? Puis tel un phare dans l'obscurité, un prince lui tendit une feuille, ramenant presque le vieil homme à une tâche simple, possible et sensée. Mais l'intellect de Luoh le boudait, vous vous souvenez ?

« Ah, jeune fille ! J'vois qu'on est connaitrice ! T'veux un autographe du bon vieux Luoh, c'est ça ? Le célèèèbre dragon... bleu. Bleu, tel ma cape bleue qui dans ma vitesse pour zigouiller mes ennemis dansait telle des flammes ! Houuu, elle est pas mal celle là, faut que j'la note ! »

Il attrapa le papier et examina sa partie déjà griffonné.

« Tiens ! Mais j'l'a reconnaîs, c'te feuille ! Allons, gamine, j'veux bien t'signer des trucs, mais pas sur du papiers officieux, quand même ! Ha ha ha ! L'erreur est humaine, pas vrai ? »

Luoh plaqua la feuille contre le torse de Ru-Kang, sans noter l'absence de deux quelques choses pour confirmer sa supposition de « jeune fille » et eut un grand rire fier en ébouriffant la chevelure du prince. Les hommes et femmes autours de lui s'amusaient bien, à lever le poings et à rugir « Gre-nouille ! Gre-nouille ! ». Jusqu'à ce que soudain ! Tel l'ampoule à diesel, le cerveaux de Luoh fit « vrouuuuuvrouuuupet-pet-pet-petvroaaaaaclic ! »

« Ouaiiis, liberté des nouilles ! J'ai faim, on va s'bouffer un truc ? »
Tan Luoh
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Mar 18 Sep 2012 - 2:06

Ru-Kang souriait joyeusement, mais tout de même en étant un peu gêné à cause de l’ambiance que ses deux compagnons avaient amené. La foule était mouvementée, mais le prince devait garder son objectif : obtenir des informations sur ses coéquipiers pour les étudier le soir venu. Il remarqua l’arrivée d’un petit homme à la démarche d’un canard qui avait l’air réellement nerveux et qui s’avança vers l’homme à la grenouille.

Le prince se retourna vers l’homme à qui il avait donné la feuille un peu plus tôt quand il remarqua que celui-ci le prenait pour une jeune fille. Sous le regard surpris et interrogateur du frère du Souverain, Taoh lui demandait s’il voulait un autographe… avait-il fait mention qu’il voulait un autographe? Non, il ne lui semblait pas, alors que se passe-t-il pour que le grand gaillard lui demande une telle chose? L’homme n’y comprenait plus rien. Ils étaient tous atteints de l’illogique! Le prince contredit tout de suite le Monsieur qui le prenait pour une dame :

-Je suis un homme et je me permets de vous rappeler que le feu est rouge à l’origine et non bleu… sinon, c’est que vous êtes vraiment extrêmement flamboyant! Le feu ne devient pas bleu avant longtemps mon cher ami, mais ça vous le saviez, je me trompe? Alors, que diriez-vous des flammes rouges? Cela donne plus d’impact en plus, je trouve! Bon, notez l’autre aussi si elle vous va mieux. Oh! Mais, j’y pense… Le dragon rouge ne vous irait pas mieux?

Le jeune noble se retourna vers l’homme aux grenouilles et son assistant :

-Qu’en dites-vous Messieurs?

C’est alors que Luoh prit la feuille pour la regarder plus attentivement, Ru se retourna vers lui pour écouter ce qu’il avait à dire. Encore une référence féminine?

-Euh… Monsieur, je suis le frère de l’Empereur et non sa sœur! Je suis loin d’être une femme comme vous le faites entendre!

Le jeune homme se sentit rougir. Il était féminin? Non, quand même pas. L’homme de famille royale était peut-être un peu moins fort que les autres, mais son agilité remplaçait cette force qui lui paraissait maintenant bien inutile.

-Je ne veux pas plus d’autographe! Revenez avec nous mon cher ami!, dit le jeune qui commençait à être vraiment découragé.

Et encore quelle erreur? Ce devait être lui qui l’avait faite, car le noble ne trouvait pas dans quel geste ou quelle parole il aurait pu se tromper. L’erreur était-elle vraiment humaine ou c’était une question de conscience et de point vue? L’erreur existait-elle vraiment d’elle-même? Le prince se disait que non. Dans leur monde… leur univers, tout était possible, tout pouvait changer à tout moment. Rien n’était une certitude parmi le changement constant. Mais que dire des constantes alors?

La pensée du jeune homme évoluait a vu d’œil, mais une feuille arriva en direction de son torse et il eut le réflexe de faire un saut par derrière en la prenant. Malheureusement, il pila sur le pied d’une femme qui tomba sur l’homme aux grenouilles. Désolé, Ru-Kang se retourna pour lui présenter ses excuses :

-Oh! Gente Dame! Je m’excuse! Si vous saviez comme je suis désolé!

Le prince avait maintenant la couleur d’une tomate tandis que le drôle de gaillard lui ébouriffait les cheveux. La foule criait toujours le mot «grenouille» et l’homme à côté de lui qui le prenait pour une femme scandait sa faim. Mais avec quels participants était-il inscrit? Le chaos était maintenant présent. Il y avait trop de choses à retenir et à étudier. Le jeune homme eut un regard pour son amie Mai’. Elle était entourée de plein de gens et il peinait à garder sa place auprès d’elle. Puis, le prince jeta un regard à la femme qui faisait maintenant du charme au garçon-grenouille. Ru rit intérieurement, c'était une sacrée journée!


Dernière édition par Quan Ru-Kang le Mar 2 Oct 2012 - 14:30, édité 1 fois
Quan Ru-Kang
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions Sam 29 Sep 2012 - 16:06

C'est dans ce chaos ambiant que Puraido arriva dans la salle. Il avait croisé à l'auberge des badauds qui prétendaient avoir vu un, non unE, esprit s'inscrire au concours, assertions dont il avait vérifié la véracité grâce à son Chi.
Un esprit.
Il n'en avait plus vu depuis que lui et son maître avaient fabriqué la chevalière et le pendentif...
Il s'interrogea un court instant sur l'état mental d'un groupe qui hurlait des choses à propos de la liberté des grenouilles, et sur la probabilité que l'un d'eux accepte spontanément de le suivre pour qu'il examine ses entrailles, mais il fut coupé par le passage d'un affamé en état d'ébriété évident. Il remarqua aussi un homme vêtu de vert, qui accompagnait une femme dont le siège laissait à penser qu'elle était infirme. Il accentua son sourire: il n'était pas le seul à se faire remarquer dans la foule cette fois-ci. Car de fait, son passage parmi la foule ne passa pas inaperçu, de fait de sa taille et de la couleur de ses capes. Il recentra ensuite sa concentration sur le concours, et eu la confirmation qu'un esprit s'était inscrit. Il nota son nom sur le registre puis s'en alla au-dehors, sans partir très loin.
"Tu vas vraiment participer à ce concours?" La voix râpeuse et décharnée avait résonné dans son crâne.
"Bien sur.
-Tu risques de perdre.
-Même si je pers, j'aurais ce que je veux. Cet esprit ne doit pas être là pour rien, et il est même possible qu'il, non elle, soit là pour nous,
fit l'érudit en frôlant son pendentif. Si je pers le tournoi, tu n'auras qu'à la suivre, elle doit forcement résider quelque part...
-C'est vrai,
admit Hosotoko, mais elle reste un esprit.
-Nous sommes deux. Et au cas où elle voudrait s'enfuir, je sais comment la faire rester.
Nous l'avons déjà fait, lui rappela le scientifique avec un sourire plus prononcé.
-Tu n'as pas tort.
-Comme d'habitude.


Voilà à quoi se résumaient les discussions entre le maître et son démon. Les deux étant assez asociaux, il ne parlaient quasiment qu'entre eux, et cela pouvait se résumer généralement en peu de phrases.

Puraido sortit donc de la salle chaotique et bruyant pour s’installer contre un arbre, de manière à ce qu'il puisse voir la sortie du bâtiment. Le scientifique ouvrit "La vie, le chi et les esprits, volume cinq" et se plongea dedans alors que le démon lisait par-dessus son épaule, toujours invisible aux yeux des autres humains.
Plusieurs fleurs se fanèrent autour du lecteur. C'était toujours ainsi. Que ce soit à cause des accidents de son apprentissage ou non, il dégageait une aura étrange dangereuse pour le moral de ceux qui l'entouraient, ou même sur la santé des plus faibles.
Il leva un instant les yeux, et vit une grenouille. Elle semblait le regarder en attendant quelque chose. Puraido n'ayant jamais vu cette espèce, il se dépêcha de noter ses traits caractéristiques dans son carnet, en faisant un croquis à côté. Mais lorsqu'il voulut l'attraper pour l'examiner plus en profondeur (littéralement) elle fit quelques bonds en arrière mais sans trop s'éloigner, et le scientifique, n'étant pas d'humeur, replongea dans sa lecture.
Oni Puraido
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MessageSujet: Re: Grenouilles et inscriptions

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