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 Tan Luoh

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MessageSujet: Tan Luoh Dim 17 Juin 2012 - 22:17

Tan Luoh



État civil
Nom : Tan Luoh
Surnom : le Grand Lu, le vieux, le dragon -ajoutez une couleur au choix qu'il justifiera-
Âge : 43 ans.
Sexe : Il aimerait. Avec des femmes, de préférence. Nan, car c'est un homme, voyez-vous...
Rôle : Ex-ermite, sage par défaut, vagabond, héros en devenir.


Caractéristiques
Rang de combattant : Grand Maître. Malgré son âge, Luoh accuse un temps de laisser aller, ce qui le rend moins fort que d'autre personne de sa génération.

Corps à corps : 0 Non, les poings, c'est pas son fort. Trop maladroit.
Maîtrise des armes : 13 Il s'en sort mieux, heureusement.
Chi de combat : 4 Il a eut quelques notions, mais s'en sert très peu maintenant.

Force : 11 Tel l'ours éveillé.
Constitution : 10 Tel l'ours hibernant.
Dextérité : 2 Tel le manchot malhabile.
Agilité : 0 Tel le cailloux gracieux.
Éloquence : 2 Tel la loutre agonisante.
Maîtrise du Chi : 0 Tel la table de jardin.


Fiche descriptive
Physique : (plus de précision dans l'histoire) Luoh est grand et possède un corps musclé et bien entretenu. Une vie stricte et austère lui a pourtant assurer une très bonne forme, si bien que chaque muscle est développé et rond. Ses pieds sont grands et larges, ses jambes longues avec des articulations fines, son ventre plat et sculpté comme il faut, son torse large et accueillant (avis aux demoiselles) et ses épaules imposantes. Ses mains sont larges et rêches, habituées à l'exercice. Il porte des cheveux long et fin, noir, qu'il attache en catogan. Une moustache noire souligne un nez aquilin et surlignes des lèvres fines. Ses yeux sont petits et noir, avec l'attention dans le regard de l'homme ivre, surmonté d'une paire de sourcils broussailleux et épais. Ses arrêtes de visages sont dure et très marquées.

Il s'habille généralement de sombre et porte quelques vielles partie d'armure pêchée on ne sait où, qui le protège à ses articulations et à son torse. Le reste, il estime pouvoir encaisser sans trop de soucis et puis, la liberté de mouvement qu'il perdrait ne l'avantagerait pas.

Sa voix et grave mais presque chantante et pas désagréable à écouter. Et ça tombe bien, il l'utilise beaucoup. Surtout pour se plaindre.

Enfin, il faut savoir que l'homme semble malhabile avec son grand corps ; plus ses soirées à boire le rendent aussi agile que l'éléphant dans le magasin de porcelaine. Luoh tient difficilement debout et droit, il tangue la plupart du temps, n'arrive pas à se concentrer sur des petites choses et son regard par en cacahuète quand on lui demande de l'attention. Et pas de doute qu'en cas de danse, il aura tôt fait se s'écraser contre sa partenaire, après lui avoir consciencieusement transformer les pieds en compote. Et pourtant, il survie. Comme quoi, n'est pas Luoh qui veut.

Caractère : Et heureusement ! Car deux comme lui, et ce serait sans doute la fin de l'empire. Luoh est grossier, malhabile, maladroit, irresponsable, inconscient, idiot et c'est un écervelé. L'homme possède en plus un mauvais caractère, une mauvaise fois et un côté ronchon qui le font souvent grommeler comme un gamin dans son coin plutôt que d'admettre qu'il a tord comme un adulte. Car saviez vous que le vieux Luoh aime s'enorgueillir de connaître plein de chose ? Il est vieux, il oublie sa réclusion vielle de 20 ans, et le voilà homme d'âge mur qui a tout vu du monde ! Et qui par conséquent, sait tout. Et il s'accrochera à ses dire aussi farouchement qu'à ses histoires passées.

Car il dit avoir vécu, le vieux Luoh ! Il dit avoir été un ancien héros, un chevalier servant. Servant, ça oui, il l'a été, mais chevalier ? Aujourd'hui, en tout cas, il se rappelle avec nostalgie de sa douce époque où tout était évidement mieux et il s'accroche à redevenir ce qu'il était, ou ce qu'il pense avoir été. Pure invention alcoolisée ou délire véridique ? Seul l'avenir le dira.

Mais Luoh est quelqu'un aussi de profondément gentil et bon. Il aidera la veuve et l'orphelin sans hésiter (encore plus s'il s'agit d'une jolie veuve), en premier pour aider, en second pour la gloire. Les femmes, il y ait encore plus que sensible. Vrai cœur d’artichaut, il espéra voir la femme qui lui fera oublié ses rêves de grandeurs à chaque coins de rue puis déprimera vite en se souvenant qu'il est « bête est moche » selon ses dires. Car si Luoh se bat pour redevenir quelqu'un, il se bat aussi contre lui même, ne croyant pas énormément en lui et étant plus que critique.

Finalement, simple aux premiers abords comme un gros silex mal taillé, il s'avère être quelqu'un de complexe à l'intérieur et difficilement descriptible.

Style de combat : L'épée « boom dans ta gueule ». Luoh n'est pas quelqu'un de fin, son but sera vite de mettre un terme au combat par un grand coup immobilisant plutôt que de finasser. S'il pense avoir un avantage, il pourra faire durer un peu le combat, parant les coups avec sa lame ou son fourreau, pour finalement achever le tout d'un puissant coup de fourreau dans les côtes, s'il ne veut pas blesser son adversaire. Luoh tue peu et ne le souhaite pas. Il préférera toujours assommer puis préparer une belle fuite. Ainsi, c'est son plat de l'épée qui lui est le plus utile et ses jambes. Enfin, sachez que Luoh se bat cependant avec honneur. Pas de coup dans les parties intimes, pas de coups dans le dos... Il serait du genre à embusquer une caravane en se tenant droit sur la route.

Au corps-à-corps, l'homme est nul. Il pourra porter quelques coups dans un combat d'ivrogne, mais guère plus. Notons pourtant ce combat qu'il gagna aisément en vomissant sur son adversaire qui surpris, voulu lui attraper le col. Luoh perdit le peu d'équilibre qu'il possédait encore et tomba de tout son long sur l'ennemi qui s’assomma contre un cailloux judicieusement placé. Au mieux, on lui reconnaîtra de pouvoir encaisser les coups comme nul autre.

Capacités de Chi : Elles sont aussi développée que chez un crapaud. On tenta, jadis, de lui enseigner quelques trucs, mais en combat, impossible de correctement se concentrer dessus. Si bien qu'aux mieux, il pourra se servir de ses faibles capacités pour se donner une légère impulsion, mais pas plus.




Le joueur
Et bien bonjour !

Je suis aussi un ancien joueur de vivenef, fidèle aux créations de la Snail Corporation. Hum, je ne suis pas du tout habitué à ce genre d'ambiance, mais jadis, je me souviens avoir pensé que Vivenef m’intéressait moins qu'un autre univers et finalement, c'est dessus que j'ai passé mes plus belles années de jeux de rôle. Alors, en avant pour Sheng Hui !

Sinon, j'ai 25 ans -la vache!- et j'étudie le vitrail. J'espère que je ne serais pas aussi insupportable que Luoh, promis, je ferais des efforts. Ravi de faire partit des votres !

En espérant que ma fiche ne soit pas trop truffée de faute -mais j'avoue que j'en ai marre, je trépigne trop de jouer ici!-, je vous salue, gent compagnie !
Tan Luoh
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MessageSujet: Re: Tan Luoh Dim 17 Juin 2012 - 22:18

Récit
Tap tap, fit le bâton.

Et ça ne bougea pas. Thach en fut plus que rassuré, il en avait peur, de cette chose sur la route. Il la détailla encore un peu, mais ne réussit qu'à en tirer un peu plus d'effroi encore. C'était sombre, des espèces de poil flottaient de manière hirsute autour de... quelque chose de sombre, toujours, et la forme était vaguement humanoïde. Dans une position incertaine. Si l'empire était joyeux et coloré, avait-il toujours pensé, c'est parce qu'il y avait du sombre à quoi le comparer. Des esprits, oui, des démons aussi.

Le petit garçon en avala sa salive d'effroi. Il tourna sa tête vers le buisson et constata que les quatre autres étaient toujours là, l'encourageant d'un vif salut de la main.

Tap tap.

La journée avait bien commencé, pourtant. Thack était arrivé dans ce village il y avait bien peu de temps. Il ne connaissait ni la région, ni ses habitants mais n'avait manqué de remarquer la belle Suzini et éperdument, il en était tombé profondément amoureux. Du moins, autant qu'un gamin de huit ans puisse tomber amoureux. Mais voilà, Suzini, elle faisait partie du clan des cinq, un petit groupe de cinq enfants qui traînaient toujours ensemble. Et le clan des cinq, c'est bien connu, ce n'est pas pour être six. Or, il y avait peu, voilà qu'un des membres partait ! Or, le clan des cinq, c'est aussi pour ne pas être quatre. Ainsi la petite troupe était venu voir le petit Thach, lui proposant une place.

Ce qu'il avait aussitôt accepté : être avec des copains, c'est cool, être avec Suzini, c'est mieux. On lui avait alors parlé des terribles règles du clan des cinq... être toujours ensemble, pour la vie, être comme frère, lutter contre le terrible groupe des dragons-poissons - groupe qui méritait de ne pas encore exister, le village étant trop petit pour posséder deux groupes de jeunes, mais les cinq savaient qu'un jour, leurs terribles adversaires prendraient essor. Un jour. Avant le départ du cinquième, hâtivement remplacé par Thach, ils avaient même prévu de faire de ce dernier le chef des dragons-poissons, mais il fallait surtout, quand on est un petit groupe, savoir pallier à l'urgence du moment- et aussi, en dernière règles, il y avait l'épreuve du courage.

Et ça tombait vachement bien, une espèce de trucs, croisement approximatif d'un ours et d'un rochet, venait de s'écraser sur la route. À Thach, maintenant, d'aller observer la chose et de définir ce que c'était. Maintenant qu'il y était, le petit garçon n'était plus certain de vouloir faire partit du groupe, si ça impliquait ce truc. La Chose lui faisait vraiment peur. Il en émanait un drôle de bourdonnement grave et rauque. Et de la poussière volaient un peu autour. Thach, petit et fin, même pour un enfant de son âge, aurait juré que si La Chose pouvait se mettre debout, elle serait plus grande que lui. Mais malgré deux nouveaux coups de bâton, elle ne bougeait toujours pas. Le jeune garçon s’enhardit un peu et redressa sa cane de bambou, fait à la va-vite, puis la pressa de nouveau contre La Chose.

Tong tong, fit le choc.

Thach se retourna vers les autres. Il leur adressa son sourire du bonheur espérant lire sur leurs visages que son épreuve était un succès, mais à la place, il eut quelques secondes pour lire surprise et effrois avant que les quatre ne fuient stratégiquement pour sauver leurs vies. Le petit garçon se retourna et compris bien vite la cause : La Chose bougeait. Elle grognait. Elle s'agitait et semblait s'élever.

« Aaah... Aah, croissait-elle, AaaaaAAAAh ! »

Thach aurait voulu fuir. À la place, ses genoux s'entrechoquèrent mais dans un geste courageux, il brandit son petit bâton face à lui.

« AAAAAAAAH !
-T'approche pas, démon ! Ou-ou-ou j'te tape ! »

L'enfant fit un petit moulinet du bras et par inadvertance, toucha la masse hérissée noire. Le choc fut ridiculement faible, mais pourtant, La Chose s’effondra. Il en suivit un petit bruit de respiration hachée et des petits gémissements déchirants.

« Heu... ça... ça va, démon ? »

Le démon tourna un peu la tête et ce fut affreux à voir. Thach eut envie de le frapper de nouveau, par réflexe, mais la peine que lui insufflait la triste créature l'en empêcha.

« Aaàh... ààaah.
Aaaaahhhh...

à boire...
»

Glou-glou, fit l'outre qui se vidait.

Que le petit Thach ne soit jamais décrit comme gamin qui n'avait pas de cœur. Ce n'était peut-être pas le garçon le plus courageux de sa génération, mais aussitôt demandée, il avait couru chez lui pour trouver de quoi boire et était revenu avec auprès de la Chose. Celle-ci s'était relevé d'un bon, avait porté le liquide à ses lèvres et en avait avalé une première grande gorgée. Puis l'avait sitôt recrachée.

« Mais qu'est-ce que c'est que'ce truc ?! Avait-elle rugi.
-Ben, de l'eau ! S'était défendu le petit garçon, c'est à boire, ça !
-C'est comestible ?
-Ouip.
-D'accord. »

La seconde gorgée avait été prise avec plus de méfiance mais à mesure que l'outre se vidait, la Chose se remplissait d'humanité. Car que justice lui soit rendu, la Chose était en fait un homme. Tandis que le petit était parti, ce dernier s'était relevé et assit sur le bord de la route. Il avait retiré la terre et poussière qui jadis lui donnait un air d'homme caillou, s'était ébroué la touffe de poils qui s'avérait être une chevelure et avait nettoyé du bout de sa manche le visage, perdant ainsi partiellement son involontaire maquillage de démon.

Maintenant, Thach le trouvait bien moins impressionnant, moins monstrueux. L'homme était grand, déjà, pour quelqu'un de l'empire, et avait une forme générale de carotte. Des épaules très larges, un ventre moyen, des jambes musclées mais qui s'affinaient au fût et à mesure que l'oeil descendait pour finir sur de petites chevilles puis d'impressionnantes racines d'impressionnants pieds. Il fallait qu'ils soient bien longs pour que le bonhomme ne tombe pas. Tout était rebondi comme gonflé chez lui. Ses bras étaient plutôt longs et fins, musclés, et finissaient en des larges mains calleuses et rudes, habituées à un autre exercice que la manucure. Ses ongles étaient sales, d'ailleurs. De manière générale, l'homme ne semblait pas avoir pris de bain depuis quelques jours, Thach en retroussa son petit nez. Il lui proposerait de se rafraîchir chez lui, pour sûr.


Et là-haut, plantée sur un large cou trônait une tête... intéressante. Le menton large et tendu vers l'avant, les arêtes coupées à coups de marteau, l'homme avait des pommettes saillantes, les joues creusées et la peau légèrement détendue d'une pointe d'âge apparentes. Parfois voyait-on pousser une barbe de quelques jours, mais l'homme avait pour habitudes de la couper. Son nez, souligné par une moustache noire convenablement taillée (qui elle était permanente et bien entretenue), avait une forme de bec d'aigle, légèrement crochu et ses narines étaient presque géométriques. Ses yeux étaient petits et étirés, semblaient toujours se méfier ou réfléchir quand ils n'étaient pas suspicieux ou sérieux, son front était haut (pour ne pas dire qu'un début de calvitie se formait) et possédait quelques rides d'expression qu'on aurait pu associer à de très nombreux froncements et haussements de sourcils. Ces derniers étaient broussailleux et épais, mit en avant par une arcade sourcilière prononcée. Les deux ensemble lui donnaient ce regard un peu lointain, interloqué et moyennement concentré de l'homme ivre. Enfin, encadrant le tout, une masse de cheveux noirs et indisciplinés qui, quand ils étaient entretenus, étaient fins et souvent attachés par un petit ruban bleu.

L'homme semblait parfois venir d'un autre monde. Habillé tout en noir avec quelques touches de bleu sombres, il semblait s'être paré en cas d'attaque imminente, avec quelques bouts d'armure pour le torse, les bras, coudes et les genoux. Pourtant, même le petit Thach savait son pays en paix. Mais loin de se montrer contrariant, le garçon tenta d'entamer la conversation.

« Tu vas à la guerre, m'sieur ? »

L'homme se redressa, s'essuya les lèvres et la moustache d'un revers de mains et eut un sourire fier.

« C'est tout comme, mon garçon ! J'vais en guerre, ouais, contre moi-même. »

Au visage plus que contrarié du garçon, l'homme comprit qu'il n'était justement pas compris.

« Tu sais qui je suis ?
-Non.
-Ah. P'tet que mon nom te dira quelque chose alors. Je suis Tan Luoh. Le grand Lu !Tu connais ?
-Non. »

L'homme en sembla un peu déçu.

« Dans mon temps, on tremblait devant mon nom, pourtant, grommela-t-il.
-Je suis peut-être trop jeune, hésita Thach pour ne pas décevoir le grand Lu, vous avez peut-être un autre nom que je connaîtrai ?
-On me nommait... hé bien... le dragon ! Le dragon de... heu... d'argent ! Le dragon d'argent ! Argent, reprit-il avec un air mystérieux et légendaire, comme ma lame qui passait sans qu'on ne puisse en distinguer une forme fixe, quand je la maniais ! Seules la lueur d'argent se voyait et...
-...
-Tu connais mais non plus, hein ? Bin voilà, reprit Luoh d'un ton morne. J'suis plus personne maintenant. »

L'homme sembla défait, son dos se courba et il sembla alors accuser gravement son âge. Thach se demanda même s'il n'allait pas se mettre à pleurer. Ça le mettait drôlement mal à l'aise. Le silence était pesant, d'un coup.

« Alors, vous vous battez contre vous-même ?
-Voui, renifla presque le vieux, j'suis plus grand-chose, j'suis pas adroit et j'sais pas quoi faire. Si j'veux redevenir quelqu'un, faut qu'je me batte un peu contre moi et me bouge le cul. C'est pas évident.
-Bouger le quoi ?
-C'est comme quand tu es au lit et que tu n'as pas envie de te lever. »

Le gamin hocha gravement la tête en signe de compréhension. Cette sensation-là, oui, il la comprenait vachement bien. L'homme semblait vraiment triste, le petit Thach le prit un peu en pitié. Il réfléchit un peu et sourit. Son père lui avait toujours dit d'arrêter d’amener des chats errants à la maison. Mais il n'avait pas fait cas des hommes errants.

« [color=brown]V'nez chez moi, m'sieur ! Z'aller prendre un bain, manger un peu et... et... Et je sais ! L'tournois ! Z'avez qu'à aller au tournoi !
-Tournoi ?
-Le tournoi des eaux ! C'est un graaaaaAAAaaaaand tournois d'arts martiaux ! Vous savez vous battre, non ?
-Ouais, un peu, bredouilla l'homme.
-Ah ! Venez, mettez-vous debout ! »

Luoh se leva, tangua un instant puis finit par réussir à tenir ses jambes. L'exercice n'était pas évident.

« Savez pas t'nir droit, m'sieur ? »

C'était l'ivresse. Ou plutôt, c'était l'absence d'ivresse. Les moments de sevrage avec l'alcool, Luoh n'aimait jamais ça, pour ça qu'il gardait toujours un certain pourcentage stable d'alcool dans le sang. Car l'alcool, c'était certain, l'aidait à garder son équilibre. Car lui, son centre de gravité était spécial, au vieux Luoh. Comme il l'expliqua au garçon :

« Parce que j'ai un centre d'équilibre qui bouge tout le temps, tu vois . Toi, pour être droit, tu n'as qu'à être droit. Moi, si je veux tenir debout, c'est un coup à gauche, un coup à droite.
-Z'arrivez à marcher comme ça ?
-Ouip. Plus ou moins. Ça dépend des jours. Là, ça va.
-Parfais ! Parce'que z allez vous laver. Car sérieusement... vous puez. »

Plouf, firent les petites fesses bien rondes qui se plongeaient dans l'eau.

« Un tournoi... »

Chez le petit Thach, Luoh considéra que c'était le grand luxe. Le gamin avait une salle exprès pour se laver ! Combien de temps n'avait-il pas eut ça, lui ? Pfiou... au moins vingt ans ! L'eau était bien chaude et détendait ses muscles. Ses muscles... le vieux Luoh monta son bras devant lui et serra le poing. Il observa son bras gonfler et dégonfler à mesure des tractions et hocha la tête. Ouaip, ça faisait bien vingt ans qu'il s'était retiré, mais au moins, il s'était entretenu.

Les trois astres. Il s'en souvenait de ce vieux groupe. Luoh n'avait même pas 12 ans quand, fils d'un des servants dans le palais, le beau Kosha et la belle Soa lui avaient parlé du groupe de guerriers légendaires qu'ils voulaient faire, rêvant qu'ils seraient les nouveaux héros de cette génération.

« L'épée, ça sera pour toi. T''es pas nobles, tu n'as pas l'droit à un truc noble, avait dit Kosha d'un ton dédaigneux »

Avec peu d'éducation et aucun autre avenir que la servilité, Luoh avait accepté sans réfléchir. Pour le caprice de deux enfants de riches, il se retrouvait à apprendre le maniement d'un sabre, jusqu'à ce que les deux autres trouvent ses performances acceptables. Il ne broncha pas, écouta et fut étonnamment sérieux, à cette époque-là. Les deux autres arts nobles, seraient pour les jeunes nobles, comme prévu. Le corps-à-corps serait pour Kosha et le Chi pour Soa, mais la nature se montra farceuse en faisant de Soa une jeune fille énergique sans habilité pour le Chi et Kosha un gamin fragile. Pourtant, les trois astres, comme ils se nommaient, naissaient d'une parole en l'air. Kosha, le soleil, Soa, la lune et Luoh l'étoile. Le groupe fit un peu parler de lui, surtout les deux premiers, Luoh prenant vite le rôle de porte bougie. De rares histoires parlent même de quelques-uns de leurs exploits, mais souvent, l'étoile est en retard, absente ou juste oubliée. Le rôle de la troisième roue du pousse-pousse, très peu pour lui. Rejeté, omis, Luoh s'en alla, tenta une carrière solo, pour finalement, triste destin, vite se retrouver avec un apprenti sur les bras et toujours pas de succès. Ainsi, il s'isola, loin de tout, prétextant ainsi mieux entraîner son Petit Rat, comme il l'appelait.

De fait, il s'était sans doute trouvé trop découragé, pas assez récompensé de ces efforts, il en avait eu assez, avait juste voulu s'isoler. Ç'aurait sans doute été une mort lente et déprimante si son Rat ne l'avait pas remué ; pour lui, il imposa à tous deux méditations, exercices, entretient physique, hygiène... De nombreuses disputes maintenaient un moral à la hausse et une volonté de ne pas se relâcher. Et puis, il y avait eu ces derniers mots...

Toc toc, faisait le cerveau qui voulait sortir.

C'était déjà quelques semaines -ou mois?- auparavant. Un mal de crâne carabiné, comme il n'en avait pas connu depuis longtemps. Mais pourquoi Luoh avait-il une gueule de bois ? Mieux, pourquoi était-il étendu sur les marches ? Encore mieux, pourquoi était-il trempé ? Et quelle heure il était . Pourquoi pleuvait-il ?

Bref, c'était quoi cette histoire ?

Péniblement, il s'était debout, chancelant encore un instant, son cerveau ayant décidé de finalement toquer aux portes de son crâne avec un gros marteau, puisque ces petits poings ne suffisaient pas.

« Yu... Petit rat ? Où es-tu ? P-pou pourquoi qu'tu m'as laissé dehors ? »

Que s'était-il passé la veille ? Impossible de s'en rappeler. Mais son apprenti, lui, saurait. Il l'accueillerait avec indifférence et parlerait de la beuverie d'hier comme d'une journée parmi tant d'autres. Sans jugement, sans reproche. Un élan d'affection envers ce jeune disciple si bien éduqué se disputa avec la rancune qui grandissait en lui car définitivement, ça se faisait pas de laisser son maître dehors. De cette vielle demeure décrépie où il avait élu domicile, il fit coulisser la porte et plutôt qu'une table sur laquelle attendait un disciple, une table l'attendait, seule, avec un mot gravé dessus.

« moi sui parti étre quelkin »

Luoh haussa les sourcils de stupeur et arriva à la conclusion logique que son jeune apprenti, si peu lettré qu'il soit, n'arrivait juste pas à écrire encore « je suis partit faire un tour ». Oui, ça ne pouvait être que ça.

Mais ce ne fut pas que ça. Son jeune élève, le Petit Rat, ne rentra pas et bientôt, malgré ses recherches, Luoh en arrivait à l'idée qu'il était vraiment parti. Partit devenir quelqu'un donc. Même sa voisine d'ermitage n'était plus là. Eh bien, qu'ainsi soit-il ! Lui aussi, il allait devenir quelqu'un alors, nom d'une fesse ronde de Shui !

C'est ce qui maintenant l'avait amené ici, dans le bain d'un inconnu, après qu'un gosse l'y ait invité à se refaire... non pas une beauté -une salle de bain n'est pas un temple des miracles-, mais une apparence néanmoins correcte, pendant que le petit préparait à manger. Luoh huma l'air et acquiesça. Il était temps qu'il reprenne du poil de la bête, oui. Au moins pour faire plaisir au gosse.

Blop blop blop, faisait la soupe dans la marmite.

Thach la remua un peu, petit reste de la veille qui se perdrait dans le ventre d'un homme plutôt que de se perdre tout court. Maintenant, le grand Luoh ne lui faisait plus peur. Mieux, il l'aimait bien, même. Il était un peu soupe au lait, un peu vulgaire et simple, mais Thach aimait bien la simplicité. Au moins, il lui parlait avec des mots qu'il comprenait.

De fait, Tan Luoh n'est pas un homme si simple à comprendre. Lunatique, ses humeurs changent assez souvent, bien qu'on puisse lui accorder d'être plus souvent grincheux que joyeux. L'homme a un pied dans la réalité bien moins encrée que dans sa nostalgie qu'on pourra soupçonner un brin chimérique. Lui-même sait plus très bien si les aventures qu'il conte sont vraies ou fausses, pourtant, il y fera souvent référence avec regret. Accroché à un reliquat de héros, l'homme s’efforcera de retrouver un nom, quoi qu'il advienne, aidant la veuve et l'orphelin (même contre l'avis des concernés) et tout ce qui pourra lui passer sous les yeux et qui semble en détresse. L'important, c'est de redevenir quelqu'un et pour ça, il fera n'importe quoi. Souvent, même, il pourra se mettre dans de graves situations, perdant tout discernement si le mot « héros » est prononcé. Ces genoux trembleront, le courage n'étant pas son fort, mais il restera, la bêtise, elle, étant une vielle alliée. Car l'homme n'est pas des plus malins. S'il est plein de bonne volonté, parfois, c'était le seul avantage qu'il ait dans une situation donnée.

Luoh n'est pas quelqu'un de responsable. Souvent le nez plongé dans le l'alcool de riz, il perd vite le sens des réalités. Pourtant, on l'aurait dit sérieux, songeur et réfléchit avec son visage sévère. Et bien, dans quelques éclairs de lucidité, l'homme l'est ! Mais souvent, il apparaît comme un homme sur qui il ne faut pas trop reposer, souvent bien peu lucide. Pourtant, quelques échos d'instinct de survie parviennent, bien souvent avec grand mal, à lui éviter le pire et à le faire fuir proprement d'une situation embarrassante, s'il n'y a pas l'étiquette de héros à coller sur une action. L'homme peut aussi être décrit aussi comme irrévérencieux, n'ayant pas beaucoup de bonne manière, inculte, n’ayant pas une culture énorme à étaler, mais fier et de mauvaise foi ne voulant pas le montrer. Luoh ment. Il ment énormément. Avec son âge, certains le croit plus sage que les autres et pour ne pas les décevoir, l'homme répond et qu'il sache ou non, il affirmera ses paroles avec beaucoup de conviction.

Oh, et puis, si c'était tout ! La liste des défauts de Luoh est longue comme un jour sans riz et jamais le tour n'en sera vraiment fait ! Pourtant, sous cette épaisse couche de défaut, tels des oiseaux englués dans du mazout, se cachent quelques qualités. L'homme a un grand cœur et mieux : il a bon cœur. Il viendra toujours en aide à plus petit que lui, plus jeune que lui, ou plus féminin que lui. Surtout plus féminin. De même, sous sa grosse carapace d'homme fort se cache quelqu'un d'assez sensible, romantique et romanesque, idéaliste et chevaleresque -quand il peut. Il cherche encore l'amour de sa vie, rêvant toujours qu'au prochain croisement de rue, il tombera sur la femme qui partagera son existence entière, celle qui ne prendra pas en compte qu'il est vieux et moche, qui lui fera oublié d'être un héros. Car quoi qu'il prétende, Luoh a une image triste de lui-même et souvent, intérieurement il se dénigre et se décourage. Puis il ira boire et oubliera ses complexes. Il boira jusqu'à même oublier qu'il voulait oublier.

Un grincheux peut cacher un tendre, dirait-on. Mais qu'on se le dise, cette description chaotique sied à un personnage tout aussi chaotique.

Mais ça, le petit Thach n'était certainement pas assez psychologue pour le comprendre. Tout ce qu'il voyait, c'était un homme un peu austère mais sympathique malgré tout, qui malgré son air morne donnait envie de sourire et qui était un peu perdu. Il avait besoin d'un peu d'aide, et puis c'est tout. La preuve : quand Luoh sortit de la salle d'eau, il avait déjà bien meilleure mine : un air frais sortait de son visage renfrogné, il s'était égalisé les cheveux bien que quelques mèches continuassent de voler avec arrogance, sa moustache était bien propre et correctement taillée et son visage n'était plus couvert de pustules qui en fait, étaient des petits cailloux collés à la peu. Vraiment, une bien meilleure allure.

« Tu sais, commença le vieux avec détachement, ton tournoi, là... je crois que je vais y aller. »

Participer à un tournoi avec plein de gens autour... ce serait un bon début pour être quelqu'un. Ou ne plus jamais être ne serait-ce que personne, s'il se faisait rétamer dès le début.

Tan Luoh
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MessageSujet: Re: Tan Luoh Lun 18 Juin 2012 - 1:30

Ma moitiééééééé ! \o/

J'adore vraiment ton personnage. Il est chouette tout plein. -^.^-
Bon, il reste quelques fautes, par-ci par-là, mais rien d'alarmant, donc je vais te valider ! o/

Oh et juste une précision. Je sais que c'est piégeux, mais le terme "démon" n'a pas de connotation péjorative à Sheng Hui. Ce n'est pas un vilain esprit. C'est juste un esprit mineur, de puissance assez faible et à l'apparence très animale. Je sais pas si tu l'avais compris ou non, mais je le rappelle au cas où. ^^
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MessageSujet: Re: Tan Luoh Lun 18 Juin 2012 - 20:29

Merciiiiiii ! \o/

Désolé pour les fautes. Pour tout dire, j'ai passé toute la partie histoire par Reverso, j'ai corrigé les fautes que m'avait glissé ce charmant site -car parfois, il me changeait tout un sens de phrase... Ok, c'est qu'elles sont mal faite, mon français est misérables, mais quand même !- et pour tout le reste... j'ai été trop porté par la volonté d'être enfin ici .__.

Mais quoi qu'il en soit, encore merci \o/ Longue vie à Zhe ! -j'te nommerais The Zhe ici-

Et merci pour ce rappel, car nan, j'avais oublié au fur et à mesure. Me faudra un peu de temps pour me le mettre correctement dans la peau, ce contexte x)

Et en avant pour le jeu ! /o/
Tan Luoh
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MessageSujet: Re: Tan Luoh Lun 18 Juin 2012 - 20:47

Si tu veux, j'ai un personnage en attente de RP. x)

Sinon, tu peux faire une demande de RP. =)
Ou t'incruster dans un RP déjà commencé, si les autres joueurs sont d'accord.
Di Zao Zhe
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MessageSujet: Re: Tan Luoh

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Tan Luoh

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