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 La nonne, le truc et le savant.

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MessageSujet: La nonne, le truc et le savant. Ven 2 Nov 2012 - 18:52

L'épée de Luoh. Elle n'avait absolument aucune histoire grandiose à raconter. Si on lui demandait, elle parlerait d'une vie morne et on ne peut plus normale. Elle n'avait pas appartenu à un grand maître, son premier étant Luoh, d'ailleurs. Elle avait été crée par un forgeron tout à fait moyen qui ne possédait pas de grande renommée et qui, en même temps, n'était pas trop mauvais non plus. Elle n'avait pas connu d'histoire tragique où elle avait changé de propriétaire, pas de forgerons agonisant qui dans un dernier souffle, confiait sa précieuse création à un illustre inconnu, lui faisant une promesse sur son sang. Elle avait même été tout juste achetée dans une boutique, rien de plus. Il n'y avait pas eut de rune magique, pas de liens de Chi qui avait fait qu’instantanément, l'homme et l'épée s'était retrouvée sur la même longueur d'onde. Luoh l'avait prise parce qu'il trouvait son fourreau joli, d'une laque bleu irrégulière et presque marbré d'un bleu plus clair.

Cette épée n'avait même pas, après achat, connu de grand pique de grandiose, dans sa vie. Il n'y avait pas eut d’événement surnaturelle qui en avait fait une lame tellement fine que seul le vent pouvait encore l'aiguiser. À mieux y regarder, même, la lame était depuis longtemps émoussée, plus que coupante, elle déchirait, selon la violence dont les coup étaient donnés. Sinon, elle faisait au moins un beau bleu à la victime. Le fourreau n'avait guerre été mieux traité : tisonnier lors de camps de fortune, son bout était devenu d'un noir fumée. Quelques coupures, réparées par un savant mélange de sève et de sciure de bois, montrait que très vite, le propriétaire avait apprit à parer avec le précieux écrins. Cane aussi, à ses heures perdues, quand Luoh chancelait entre conscience et coma éthylique.

Pire, on pouvait apercevoir quelque irrégularité : l'homme devait souvent avoir cogné avec ce pauvre fourreau. Pourtant, Luoh s'y était attaché, à cette épée. Oui, il l'aimait même bien. C'était comme une vielle compagne : trop fatiguée, comme lui, qui méritait peut-être bien une seconde chance, comme lui.

Pourtant, voilà qu'elle avait été oublié, tel le vulgaire parapluie, posée contre une des étales qui avait fleurit en même temps que le tournois approchait.

Dans un premier temps, l'honnête marchand s'était dit que la chance lui souriait : une nouvelle marchandise à vendre ! Puis dès le premier examen, il s'était vite rendu compte qu'à part en « cadeau bonus » (pour deux épices achetées, la lame est offerte !), il ne pourrait pas en faire grand chose. Pire encore, ces quelques client avaient gracieusement refusé l'offre. Si bien que le marchand avait finit par en avoir marre, avait croisé cet homme étrange, si pâle qu'on en aurait dit un mort et lui avait fourré entre les mains.

« Cadeau ! Pour le bien de l'humanité, faîtes un cadeau désintéressé à un inconnu, votre Karma le saura ! »

Puis ni une ni deux, l'homme avait couru se cacher. L'heureux Puraido -car c'était bien lui- allait-il faire quelque chose de ce -merveilleux- cadeau ? Il n'eut pas tant de temps d'y penser que voilà une masse moustachue qui lui tombait dessus (car s'il est de bon ton de dire que le monde est petit, un petit village comme Zhuang lui, était encore bien plus petit).

« Hey, mais, s'étonna Luoh -car c'était bien lui-, Mais ! Mais c’est mon épée ?! Ou qu'c'est qu't'as eut ça ? Des jouuuurs que j'l'a recherche ! C'étaiiit toi qui m'l'avais piquée ? Foutr'esprit ! T'sais dans quoi tu t'es engagé, p'tit maaaalin ? * hips*pardon, Vieuuuuux maliiiin ? »

Cette épée, finalement, c'était comme ces vieux pantalons dont on sait le temps finit mais dont on n'arrive pas bien à se séparer. Parce qu'il est confortable, parce que chaque vielle tâche nous rappelle un souvenir. Et puis, quand on croit l'avoir perdu, on se prend une petite goutte, en souvenir de ce cher compagnon qui vient de prendre son propre chemin, pour lui faire un dernier au revoir.

Vu l’haleine du bon Luoh, il devait y avoir fait plus qu'on au revoir, à cette épée. C'était des Adieux Mortuaire, même. Mais c'est qu'il l'aimait bien cette épée, en fait...
Tan Luoh
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MessageSujet: Re: La nonne, le truc et le savant. Sam 3 Nov 2012 - 2:16

Puraido cherchait juste des herbes pour concocter un poison dont il avait eu l'idée tantôt, et ne rien trouver dans la nature l'avait suffisamment mit en colère, sans qu'en plus on lui refile n'importe quelle ruine antique sortie d'on ne sait quel armurerie de forgeron de campagne. L'homme aimait les épées, il aimait sentir le cuir dans sa main, soupeser le poids de l'arme, la sentir trancher armures, chair et os, mais le cuir de la poignée semblait dater de l'époque de la prime jeunesse de feu son maître, et les seules matières qu'elle semblait pouvoir trancher étaient le beurre et la boue. Il réfléchit un instant à un moyen d'en tirer un quelconque profit, avant de se rendre compte que son démon était agité de spasmes:
"-Pffrr... HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA!!!!, retentit la voix gutturale d'Hosotoko dans son crâne, si on m'avait offert ça, je l'aurais pris pour une insulte à ta place!
-Tsssk... Tais-toi un peu, répliqua le scientifique, et observe comment vendre un objet si dénué d’intérêt facilem...
-Hey, mais... Mais ! Mais c’est mon épée ?! Ou qu'c'est qu't'as eut ça ? Des jouuuurs que j'l'a recherche ! C'étaiiit toi qui m'l'avais piquée ? Foutr'esprit ! T'sais dans quoi tu t'es engagé, p'tit maaaalin ? * hips*pardon, Vieuuuuux maliiiin ?
Puraido toisa l'individu d'un regard froid, puis le compara avec la ruine dans ses mins. Conclusion: cette épée appartenait à l'individu.
"Un marchand à trouvé cette épée, et me l'a offerte, mais elle semble vous appartenir -il pouvait presque sentir les relents d'alcool imbibant l'arme- elle est à vous. Tenez, fit-il en tendant l'épée vers le bonhomme.
En lui rendant l'épée, il pensa qu'il ne ferait aucun profit, et Hosotoko en profita pour éclater de nouveau de rire.
Ulcéré, Puraido s'arrêta et énonça lentement:
"En fait, rien ne me dit qu'elle est à vous, hormis votre parole, donc si vous la voulez, rachetez la moi."
Oni Puraido
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MessageSujet: Re: La nonne, le truc et le savant. Jeu 8 Nov 2012 - 17:41

"Yaaaaaaaaah !" s'égosilla Shu en plongeant dans le vide, bras écartés et mèches au vent.

Mais revenons un instant en arrière, dans le but de comprendre ce qui peut pousser une nonne de la capitale à se jeter du haut d'une falaise par un bel après-midi ensoleillé de la lune des Eaux. L'air restait frais, vivifiant, mais les brises qui deux lunes auparavant vous auraient gelé sur place n'étaient plus que des courants d'airs à peine désagréables, et d'autant moins lorsque l'on flânait au soleil. De nombreux citoyens - peut-être était-il possible de considérer les villageois de Zhuang comme des citoyens au vu de la taille de la cité - avaient alors pris l'initiative de sortir se promener, tantôt sur les reliefs houleux des abords de la ville, tantôt humant ci et là les douces senteurs dispensées par le marché. Parlons-en, justement, de ce marché. A l'approche du tournoi, nombres de commerçants avait jugé judicieux de venir s'établir au coeur même de Zhuang de le but d'effectuer le maximum de bénéfices avant que le tournoi n'ait débuté - les fieffés coquins. Tant et si bien que le temps passant, bientôt plus aucune ruelle ne fut épargnée par les étals, pas plus que par les cris et les appels d'offres de tous ces marchands de rêves et de babioles. Ainsi, après avoir quitté non sans peine l'ambiance chaleureuse de l'auberge de Dian Jia, la jeune Yan s'était embarqué pour de nouveaux périples en compagnie du vieux Tan et de Lou en direction de Zhuang. Enfin parvenus au terme de leur voyage, ils avaient décidé d'un commun accord de se séparer pour visiter la ville chacun comme bon leur semblait - notamment car les intérêts de Luoh et ceux de Shu divergeaient énormément en matière de passes-temps.

Et voici que, bien loin d'avoir en tête l'idée de rejoindre les moines censés assurer sa sécurité durant la durée du tournoi - ceux-là mêmes qu'elle avaient sensiblement abandonnés pour se glisser dans l'auberge quelques jours auparavant - notre petite nonne se trouvait à virevolter de gauche et de droite, les yeux écarquillés et tous les sens en alerte. Bien que vivant à Du Hui, grande capitale de l'Empire, sa condition de soeur prévenait toute tentative d'ouverture sur le monde extérieur pendant toute la durée de la formation. Concentration, focalisation, isolation étaient maîtres mots dans son environnement quotidien. Quel bonheur alors que de se laisser guider vers un étal par des effluves épicées, pour pivoter à l'appel d'un marchand zélé en contrebas et bifurquer dans une venelle en apercevant du coin de l'oeil un singe jongler avec plus de fruits qu'il n'avait de doigts. Un singe ?

"Waaaah !" fit-elle, les yeux brillants.

Bien que n'en apercevant que rarement au monastère, la jeune Yan adorait les singes. Surtout les petits, les rigolos qui apprennent à faire des tonnes de trucs marrants et inutiles, et qui peuvent se poser sur votre épaule tel le perroquet d'un pirate terrestre. Et puis, avec son attitude parfois - souvent - enfantine et ses cabrioles incessantes, elle ne l'avait pas volé son surnom de "petit singe". Ni une ni deux, elle se jeta en avant, le regard fixé sur l'animal dansant qu'elle trouvait si mignon avec son gilet de lin et son chapeau de paille. L'avalanche de grommellements et de jurons indignés qu'elle déclencha en passant comme une tornade dans la foule alerta le ouistiti. Un regard affolé plus tard dans la direction de Shu, il détalait sans demander son reste entre les jambes d'une dame horrifiée. Soit. La nonne lui emboîta le pas, jouant des coudes, et bondissant sur tel ou tel étal pour prendre de la hauteur et de la vitesse. Virant à babord, à tribord, elle ne perdait pas l'animal de vue, jusqu'au moment au celui-ci au coin d'une maison longeant la falaise.

En effet, dans sa folle course poursuite, la jeune soeur n'avait fait que monter, et elle se trouvait désormais au-dessus de la route, celle-là même qui passait par le marché en lui-même, sur la place principale en contrebas. Donnant des coups d'oeils dans tous les sens, elle finit par remarquer son camarade quadrumane en train de dévaler la pente presque verticale à toute vitesse, usant de tous ses membres pour adoucir de descente. Shu fit la moue.

"Yaaaaaaaaah !" s'égosilla-t-elle soudain en plongeant dans le vide, bras écartés et mèches au vent.

In extremis, elle se rattrapa à une vieille racine, qui craqua sourdement, l'obligeant à terminer sa course dans un roulée-boulée effréné jusque dans les capes d'un étrange individu. Relevant la tête, elle ne l'aperçut que de dos, encapuchonné de la tête au pied, et la seule partie visible étant une main d'une pâleur cadavérique portant une chevalière en or. En réalité, c'était l'étrange créature accompagnant ce qu'elle décida comme étant un vampire, qu'elle avait percutée, envoyant la masse de tentacules noires bousculer d'autres passants proches. Tout à coup, une chose lui tomba sur le coin de la tête. Une chose rigide et lourde qui, en glissant devant son nez jusqu'entre ses jambes écartées - elle se trouvait toujours assise gauchement au sol - se trouvait être une épée. Enfin ce qu'il en restait après l'avoir donnée à mastiquer à un dragon enragé. Daignant relever la tête, elle reconnut alors un nouvel interlocuteur, en la personne du vieux Tan. Elle n'aurait oublié sa moustache pour rien au monde - encore moins après l'avoir quittée dans la matinée seulement. Un coup d'oeil à l'épée, puis à Luoh, et le déclic se fit immédiatement : cette ruine de forme allongée n'était autre que celle du guerrier chevronné qu'était le Dragon Rouge - ou Vert ou Bleu elle ne savait plus très bien.

Se redressant en dépoussiérant son pantalon, Shu tendit l'épée à Luoh avec un grand sourire.

"Re-bonjour M. Luoh ! Ceci est à vous il me semble." puis se tournant vers l'homme mystérieux avant de s'incliner aussi bas que le lui permettait son dos endolori, elle bégaya "Veuillez m'excuser, monsieur. Je suis vraiment désolé, je ne voulais pas vous importuner."
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MessageSujet: Re: La nonne, le truc et le savant. Jeu 8 Nov 2012 - 20:25

Luoh n'avait pas tout bien comprit.

Il avait trouvé l'homme -car s'en était bien un- pas très combatif : il rendait les armes même bien vite. Sans mauvais jeu de mot, puisqu'il redonnait vraiment son épée à Luoh. Sans même vouloir en tirer un prix. Pourtant, pour le vieux, cette arme avait de la valeur ! Il n'avait juste pas très bien comprit que « valeur sentimentale » ne rimait pas avec piécette sonnante et trébuchante. Mais quelque peu moussu qu'il était, inutile d'éclairer sa lanterne à ce sujet là pour le moment. Et si l'homme chercha à finalement extorquer de l'argent au malheureux propriétaire, celui ci ne l'entendit pas bien. Bon, il tendit le bras pour récupérer son épée chérie...

Puis Pouf ! (ou vramblamblampotchpaf ; diront certaines personnes friandes de réalisme quant aux onomatopées, mais nous écourterons en pouf), Pouf, disais-je ! Voilà que la personne perdait de nombreux centimètre et gagnait en vivace féminité. Et en connue aussi. Exit l'homme bizarre, voilà que débarquait la nonne croisé quelque jours plus tôt.

Le vieux cligna plusieurs fois des yeux. Il se pinça même l'arrête du nez. Jamais un verre ou deux ne l'avait fait douter autant sur ce qu'il voyait. Dédoublement, oui, mais là, changement de sexe/taille/cheveux/vêtements/visage/carrure... non, jamais. C'était impressionnant.

« Merci grommela-t-il en reprenant son épée »

Il la considéra d'un œil soupçonneux, s'attendant presque à la voir devenir du bois. Voir carrément un serpent. Le vieux Lu releva les yeux et fut alors encore plus stupéfait. Voilà qu'à côté de la jeune femme se tenait son hallucination de tout à l'heure ! En plus de voir double, il ne voyait même pas double ! Du moins, pas correctement double.

« Par tout les dieux ! Mais qu'y avait-il dans ce vin ? »

Car pas de doute, ça n'avait été qu'une ou deux coupes de vin.

« Aurais-je... été empoisonné ? »

Il s'appuya contre sa canne son épée, se sentant soudain défaillir. On en voulait donc à la vie du vieux Luoh ? Mais qui ?

Et pourquoi ?
Tan Luoh
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MessageSujet: Re: La nonne, le truc et le savant. Ven 9 Nov 2012 - 13:52

Visiblement, Hosotoko n'avait pas été assez prudent. Le voir traîner dans la boue et se frotter à tant d'humains -chose qu'il exècre- soutira sans peine un sourire franc sur le visage cadavérique de Puraido. Lui aussi avait été bousculé, mais voir démon faire autant de cabrioles et acrobaties compliquées en si peu de temps pouvait guérir -presque- tous les maux, SURTOUT quand on entendait ledit démon jurer et insulter tous les passants à la ronde, les esprits, les dieux, la nonne, l'épée de l'ivrogne, et la nonne qui l'avait bousculé. (pour nos jeunes lecteurs,nous évitons de retranscrire ici, pour des raisons évidentes, le vocabulaire fleuri des démons)
"-Re-bonjour M. Luoh ! Ceci est à vous il me semble."
Bon tant pis pour l'argent, mais il réalisa qu'il avait parlé sous le coup de la colère et qu'il devait s'en excuser....non, pas grave, le personnage imbibé d'alcool n'avait pas l'air de trop s'en soucier.
Le démon jurait toujours, mais moins, et le taux d'insulte commençait à baisser. Il décida de le taquiner un peu:
"Calme toi, pas la peine de faire tout un plat; tu doit juste être le premier démon à te faire humilier ainsi par une humaine", fit-il avec un grand sourire, qui s'accentua lorsque le démon hurla, silencieusement pour le monde, mais douloureusement fort pour lui, sa rage la plus ultime et la plus injurieuse, relâchant un flot d'insultes incroyablement grossières, au point que même Puraido fut surpris que tant d'injures puissent exister.
"Veuillez m'excuser, monsieur. Je suis vraiment désolée, je ne voulais pas vous importuner."
L'érudit fixa la nouvelle venue, qui l'avait bousculé et qui était la cause de la source d'insultes derrière lui. Elle portait un habit de nonne et s'inclinait vers le sol, pour s'excuser. Puraido, peu adepte de ce genre de cérémonie -sauf pour rendre hommage à sa grandeur- lui dit avec un grand sourire, dû au démon qui rageait toujours:
"Relève-toi, il n'y a pas à s'excuser, tu n'as sans doute pas fait exprès...
Puis il regarda le moustachu ivre qui parlait maintenant d'empoisonnement, et lorsque le bonhomme s'appuya sur l'épée en ruine, il se tint prêt l'aider au cas où -parce qu'il lui était tout de même sympathique- mais le démon entama une série d'injures particulièrement violentes, dont le sujet etait le monde tout entier, et Puraido éclata d'un rire frais et joyeux, en se tenant les côtes.
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MessageSujet: Re: La nonne, le truc et le savant. Lun 19 Nov 2012 - 17:44

"Relève-toi, il n'y a pas à s'excuser, tu n'as sans doute pas fait exprès..." lui signala le croque-mort avec un sourire des plus chaleureux.

Très étrange d'ailleurs, qu'un individu d'apparence aussi sinistre, accompagné qui plus était par une créature qui sans nul doute possible n'était pas née dans notre monde, puisse étirer les lèvres en autre chose qu'un rictus démoniaque. Ceci dit, ce n'est pas tant l'apparence de son interlocuteur, pas plus que les propos décousus du vieux Tan, qui dérangeaient Shu, mais bien le fait qu'elle avait perdu la trace du singe. Mais si, le petit singe charismatique qui savait jongler avec une adresse hors du commun et qui avait décidé de lui faire faux-bond - sans mauvais jeu de mots - alors qu'elle le traquait sans répit depuis de longues minutes dans le but de le prendre dans ses bras. Le fait était que la bestiole aux mille-et-un tours avait bel et bien disparu sans laisser de traces, et les regards hagards que lançait la jeune Yan de gauche et de droite n'y changeaient strictement rien. Se redressant donc comme le lui indiquer le fossoyeur du dimanche - qui d'ailleurs partit d'un grand éclat de rire - la nonne mit quelques instants à reprendre ses esprit pour rattraper le fil des événements.

Après avoir tenté en vain de capturer une superbe créature quadrumane, elle avait donc déboulé au milieu d'une conversation entre ce cher alcoolique de Luoh et un individu pour lequel caractère et apparence étaient loin de s'être accordés. La tohu-bohu engendrée par son arrivée avait alors abouti à ce qu'un démon se retrouve le nez dans la poussière et que le vieux dragon d'argent - il paraissait que cette couleur fonctionnait aussi - récupérât sa lame à son insu. A son insu, était l'expression qui résumait le mieux le fait, aussi étrange que cela pût paraître. Puis le cerveau de l'adolescente eut comme un déclic en apercevant la moue déconcertée et les mouvements de moustache désordonnés de Luoh quand il en vint à la subtile conclusion qu'on en voulait à sa vie. Incapable de contrôler son élan, elle emboîta le pas de Puraido et partit d'un grand rire clair. Elle riait si fort que les larmes lui en vinrent aux yeux, et il lui fallut quelques secondes pour être capable de prononcer une phrase sans pouffer.

"Luoh, sans vouloir vous offensez, ne vous seriez pas vous-même imbibé d'alcool par un malencontreux détour à l'auberge ? Vous savez, je ne pense pas que quiconque oserait s'en prendre au légendaire dragon vermeille - elle ne doutait pas le vieux Tan avait une histoire pour cette teinte aussi - n'est-ce pas ?"
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MessageSujet: Re: La nonne, le truc et le savant. Mar 20 Nov 2012 - 22:32

Et le croque-mort qui riait ! Ah ! Il était donc là, l'homme qui le mettrait en terre ? Se tordait-il à penser à bientôt la somme mirobolante qu'il empocherait s'il enterrait une célébrité tel le grand Luoh ? Et bien rirait bien qui rirait le dernier, car Le vieux Lu était une célébrité, certes oui, mais surtout une célébrité fauchée. Et Toc ! Il sourit, lui aussi. Eut même un rire bien fort et grave, tonitruant, même ! Mais guère étonnant quand on voyait le gabarit du bonhomme et quand le dit bonhomme riait à gorge déployée.

Dans le cervelet du Vieux Luoh, des liaisons logiques décidèrent de se remettre brusquement en activités, dans un hoquet alcoolisé. Aussi bien qu'il avait admit qu'il voyait double, mais même pas pareillement, il accepta que les deux étaient simplement deux individus distincts. C'était plus simple comme ça.

Quand la jeune nonne lui parla, la moustache frémit d'étonnement.

« Vermeille ? Qui est vermeille ? »

Nouvelle connexion logique. Ah. Il avait p'tet dit vermeille à un moment, oui. Quand ? Heu. Un jour peut-être. La nonne l'avait retenu en tout cas. Pour garder son image intacte, il ne pouvait plus la démentir.

« Ha ha oui ! Vermeille ! C'est ce que... hum... Disaient les femmes ! Car Vermeille rime avec Merveille ! »

Venait-il vraiment de dire ça ? À une nonne ? Pour l'occasion, c'est son visage qui vira vermeille, oui.

Et l'autre homme qui repartit dans un rire ! Il se moquait, c'était évident ! La confusion de Luoh atteignit son comble. Il lui fallait quelque chose, une distraction, et vite !

« Belle journée, n'est-ce pas ? »

Dommage, son cerveau et ses bonnes idées étaient partit en vacances. Tout les deux. Le poison, sans doute que, tout à sa gène, Luoh oubliait bien vite.
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MessageSujet: Re: La nonne, le truc et le savant. Jeu 13 Déc 2012 - 16:49

Le prince s’était tout juste réveillé de sa nuit à la belle étoile qu’il regrettait déjà un peu le confort de son lit habituel. Les courbatures étaient présentes et nombreuses comparées à habituellement pour une simple nuit de sommeil. Le jeune homme fit quelques étirements matinaux, de la tête au pied, puis s’engagea à l’extérieur du terrain de camping pour aller se chercher quelque chose à manger en solo. Il commença à se promener parmi les marchands et les passants qui se faisaient de plus en plus nombreux. Ses pensées étaient non pas entièrement consacrées à se trouver à manger, mais à se concentrer pour le tournois qui allait bientôt commencer. Les jours à venir allaient lui demander beaucoup d’énergie et surtout de présence d’esprit, il fallait donc se préparer. Je laisse libre court aux pensées, ma foi, parfois farfelu de notre jeune prince :

*Si un sort m’est lancé par un fort magicien, je ne pourrai certainement pas le relancer vers lui avec un effet miroir, je devrais donc compter sur mon agilité. Mais si une carotte…*

C’est à ce moment qu’il aperçut de délicieuses brioches toutes droit sorti du four, il en prit deux en mettant un montant d’argent dont lui-même ne connaissait pas la valeur sur le comptoir et dit :

-Gardez la monnaie!

-Mais! Monsieur! Vous avez mis le triple…

Le pauvre marchand n’eut même pas le temps de finir sa phrase que l’éponge en ébullition était aussi loin physiquement que mentalement. Il mangeait son petit déjeuner tout doucement tout en s’enfargeant dans ce qui traînait dans son chemin. Au bout d’un moment, il accrocha un homme qui avait l’air hautement agressif, celui-ci fit même perdre le fil de ses pensées au frère de l’Empereur en criant :

-NON, MAIS! JEUNE GARNEMENT! REVIENS ICI! TU VEUX TE BATTRE, C’EST ÇA?

Le prince toujours déboussolé regarda le monsieur avec une moue surprise :

-Je nie vous avoir prononcé en duel monsieur… je dois me préparer pour le concours d’arts-martiaux, il est aucunement question que je me batte ici avec vous, vous ne pensez pas que ce serait un peu… heum… «incivilisé» de se battre devant tous ces gens?

Le fils de la famille royal s’abaissa pour ramasser le panier et ce qu’il y avait dedans, car il l’avait malencontreusement fait tomber des mains du monsieur mécontent et lui donna avec un sourire gêné avant de continuer sa route, laissant ce même homme interdit devant la réaction aussi calme et posé du jeune homme qui l’avait bousculé.

Retournant profondément dans sa tête, le décor autour de lui changeait peu à peu et il ne tarda pas à passer sur un petit pont quand un joli singe tomba sur son épaule dont ne sait où et lui piqua un bout de sa brioche restante. L’homme rit quelque peu et décida qu’il était peut-être temps de se laisser une petite pause. Il continua ainsi son chemin en compagnie de l’animal d’une drôlerie naturelle. Celui-ci toujours accroché à son épaule ne se gêna pas pour faire mille et une acrobaties en tous genres.

Pendant ce temps, les passants étaient de moins en moins présents et le milieu devenait quelque peu rural. Le frère du Roi y trouva même quelques feuilles de menthe qu’il se fit un plaisir à manger et à en offrir à son nouvel ami.

Se rapprochant de plus en plus des trois compagnons sans le savoir, le prince continua sa marche jusqu’à en reconnaître la voix de Luoh, l’homme qu’il avait rencontré aux inscriptions au tournois.

« Belle journée, n'est-ce pas ? »

Ru’ s’approcha pour répondre à la question du grand échalas :

-Bien sûr! Comment pourrions-nous qualifier cette journée en compagnie de ce fantastique singe…

Le jeune homme se tourna vers les trois autres avant de continue :

-Ce… cadav… monsieur… cette créatur… ture, cette… jo…lie demoiselle et vous! Oh! Mais je me présente, Ru-Kang, participant au tournoi d’arts-martiaux! Et vous messieurs, dames? Et… euh… c’est considéré comment étant quoi, ce truc? Sans vouloir vous offenser chos… heum, votre prénom je vous pries?

HRP: En espérant que ça vous plaise Smile
Quan Ru-Kang
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